Instabilité dans l’Est RDC : Une nouvelle aide de l’UE à l’armée rwandaise provoque l’ire de Kinshasa

 

L’Union Européenne (UE) est sur le point de verser une nouvelle aide à l’armée rwandaise dans le cadre des opérations anti-terroristes menées par la Rwanda Defense Force (RDF) au Mozambique, une aide qui sonne faux dans les oreilles de Kinshasa.

Bruxelles pourrait débloquer des millions d’euros pour soutenir les opérations de l’armée rwandaise contre les djihadistes d’Ansar Al-Sunna au Cabo Delgado (dans le nord du Mozambique). Cette aide est prévue dans le cadre du mécanisme de Facilité européenne pour la paix. Elle doit être discutée entre représentants des membres de l’UE dans les prochaines semaines.

Pour le gouvernement de la République Démocratique du Congo, qui pointe du doigt la responsabilité du Rwanda dans la crise du M23 et en dénonçant une politique européenne trop conciliante envers Kigali, cette aide est une « ligne rouge ». Déjà il y a quelques semaines, Kinshasa s’était farouchement opposé à un accord portant sur les minerais stratégiques passé entre Kigali et Bruxelles. Pour Kinshasa, son voisin rwandais n’a pas de tels minerais et profite de l’instabilité pour piller ses richesses.

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Un conseiller à la présidence congolaise a estimé, sur Radio France Internationale (RFI), que cette nouvelle aide de l’UE au Rwanda est un « un soutien à une force accusée d’être impliquée dans le conflit dans le Nord-Kivu » et « un signe de plus de la connivence de Bruxelles avec Kigali ».

Comme plusieurs pays et organisations internationales, l’UE a récemment condamné le soutien du Rwandais au mouvement du 23 mars (M-23). Elle a également assuré que son aide n’a pas vocation à renforcer les capacités générales de l’armée rwandaise, mais seulement à stabiliser le nord du Mozambique où l’armée de Kagame protège une zone où l’entreprise française TotalEnergies veut reprendre l’exploitation du gaz liquéfié. Exploitation mise à l’arrêt suite aux attaques djihadistes.

Une première enveloppe de vingt millions d’euros destinée au transport des troupes rwandaises et à l’achat de matériel logistique avait été débloquée par Bruxelles en 2022. À ce jour, la France ou encore le Portugal soutiennent le principe d’une deuxième tranche tandis que la Belgique et l’Espagne sont plus réticentes selon des sources diplomatiques.

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Andy Kambale Matuku

 

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