En République Démocratique du Congo (RDC), le secteur de la justice se réveille. Dans la nuit de lundi à mardi 8 octobre 2024, trois (3) hauts magistrats à la Cour d’Appel du Haut-Lomami, dans le sud-est du pays, ont été condamnés pour corruption.
Les trois (3) hauts magistrats ont été reconnus coupables de corruption. Les faits remontent de septembre dernier. Dans un audio devenu viral sur les réseaux sociaux, les trois (3) magistrats se disputaient une somme de trente-cinq (35) mille dollars obtenus auprès d’un justiciable par l’intermédiaire d’un avocat. Jugés par la Cour de Cassation, ces magistrats dont le premier président de la Cour d’Appel du Haut-Lomami, avaient été aussitôt arrêtés et transférés à Kinshasa.
La Cour de Cassation les a condamnés à des peines allant de cinq (5) à sept (7) ans de prison. Pour le président de la Cour de Cassation, ce verdict est un avertissement à tous les magistrats qui s’adonnent à de telles pratiques.
« (…) Nous sommes décidés à aller jusqu’au bout, à en découdre avec tous les anti-valeurs qui gangrènent la profession de la magistrature. Ce sont des collègues qui ont fait une longue carrière de plus de 30 ans, mais qui n’ont pas compris la leçon et le message. Un message fort qui est lancé à tous les opérateurs judiciaires. Nous allons aider la justice à relever la Nation congolaise et le Chef de l’État à diriger ce pays sans anti-valeurs dans les milieux judiciaires », a déclaré Élie-Léon Ndomba Kabeya, président de la Cour de Cassation, sur Radio France Internationale (RFI).
Les corrupteurs, l’avocat et un chef coutumier, sont en fuite. La justice a gelé les comptes bancaires des magistrats condamnés. Ces derniers sont également condamnés au versement des dommages et intérêts chiffrés à plusieurs milliers de dollars.
En 2023, le parquet général avait ouvert des « numéros verts » pour dénoncer les abus des magistrats et autres mésaventures dans l’appareil judiciaire. Une décision qui avait été saluée, mais critiqué par des syndicats qui craignaient que ces derniers ne soient exposés à la vindicte populaire.
Andy Kambale Matuku





