La situation s’est envenimée au sein du gouvernorat de la province du Kasaï-Oriental, où la « fumée noire » se fait désormais l’écho d’une crise politique majeure. Dans un télégramme daté du lundi 19 mai 2025, le Vice-premier ministre en charge de l’intérieur, de la sécurité, de la décentralisation et des affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, a ordonné au Gouverneur mis en accusation, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, de procéder immédiatement à la remise et à la reprise des affaires avec le Vice-gouverneur, Augustin Kayemba Mulemena. Ce dernier est appelé à assumer l’intérim afin de garantir la continuité des services publics.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’application stricte des textes légaux en République Démocratique du Congo, notamment la loi portant organisation des élections présidentielles, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, comme le précise le document officiel.
La passation de pouvoir entre le Gouverneur démissionnaire et le Vice-gouverneur se déroulera sous l’égide de l’Inspecteur provincial de l’Inspection Générale de la Territoriale, avec l’appui crucial des membres du comité provincial de sécurité. Une fois cette opération réalisée, la province sera alors dirigée par Augustin Kayemba Mulemena en tant que Gouverneur intérimaire, et ce, jusqu’à l’organisation d’élections pour élire un nouveau Gouverneur ou dans l’éventualité où la justice se prononcerait en faveur de Mbwebwa Kapo, le rétablissant dans ses fonctions.
Pour rappel, le Gouverneur déchu, Jean-Paul Mbwebwa Kapo, est accusé de malversations financières dans le cadre de la gestion d’une subvention de 3 millions de dollars américains, selon les conclusions d’une commission d’enquête parlementaire. Ce sujet a suscité de vives discussions lors des plénières, où quatorze (14) députés se sont prononcés pour la mise en accusation du Gouverneur, contre dix (10) sur les vingt-quatre (24) membres présents.
Dans cette amplehistoire judiciaire, Mbwebwa Kapo affiche sa détermination à se défendre et à prouver son innocence. Un récépissé contestataire concernant la procédure de sa mise en accusation a d’ores et déjà été déposé auprès de la Cour constitutionnelle pour examen. Par ailleurs, le dossier concernant les poursuites judiciaires à son encontre est actuellement entre les mains de la Cour de cassation, où il devra répondre de ses actes.
Jacob Séraphin Nkita, à Mbuji-Mayi





