Alors que la population congolaise peine toujours à accéder à une eau potable de qualité, le directeur général de la REGIDESO, David Tshilumba Mutombo, a brisé le silence sur une dette massive que l’État traîne depuis des décennies. Devant les députés nationaux, jeudi 12 juin 2025, il a pointé du doigt les institutions publiques comme les principaux responsables de l’asphyxie financière que traverse la société nationale de distribution d’eau.
D’après les révélations du DG, les institutions de l’État consomment chaque mois pour environ 6 millions de dollars d’eau sans jamais s’acquitter de leurs factures. Un montant colossal qui met en mal la gestion courante de la REGIDESO. « Aucune de ces factures n’est honorée, malgré les engagements pris par le gouvernement », a-t-il dénoncé, visiblement excédé par le silence des pouvoirs publics.
Au-delà de l’aspect financier, David Tshilumba a aussi soulevé une profonde inégalité sociale : ce sont les ménages modestes qui, par leurs paiements réguliers, portent à bout de bras une entreprise incapable de facturer les plus gros consommateurs. « Ce système est injuste. Les pauvres paient pour l’eau consommée gratuitement par des institutions riches », a-t-il fustigé, soulignant que la consommation de l’État représente aujourd’hui près de 40 % du chiffre d’affaires de la société.
Le Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a reconnu la gravité de la situation. Se rangeant du côté du DG, il a appelé à une réforme urgente du modèle de gestion de l’eau en RDC, en insistant sur la nécessité pour les institutions de montrer l’exemple. « Il faut ériger l’accès équitable à l’eau en principe de justice distributive », a-t-il déclaré, tout en promettant une action parlementaire plus incisive sur la question.
Le débat a également mis à nu d’autres défis structurels : la mauvaise qualité de l’eau, l’état vétuste des infrastructures, les zones urbaines mal desservies comme la Tshangu, ou encore l’impunité des entreprises minières qui polluent les rivières. Les députés ont exigé des explications sur la gestion des fonds étrangers et le paiement des agents dans les zones de conflit.
Face à la multitude de préoccupations, David Tshilumba a demandé un délai de 48 heures pour fournir des réponses complètes. Il est attendu à nouveau devant les élus avant la fin de la session ordinaire ce dimanche 15 juin, alors que s’intensifient les appels à une réforme profonde et urgente du secteur de l’eau en RDC.
PK





