À l’occasion de la 12ᵉ session de la conférence des gouverneurs de province, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a lancé un message fort : l’information doit être perçue comme un enjeu sécuritaire. Prenant la parole lors de la troisième journée des travaux à Kolwezi, le porte-parole du gouvernement a souligné que « la communication est bonne lorsqu’on arrive à anticiper », insistant sur son rôle stratégique dans la gestion des crises.
Face à un pays régulièrement confronté à des urgences multiformes – sanitaires, sécuritaires, sociales – Patrick Muyaya a appelé les gouverneurs à intégrer la communication dans leur approche globale de gouvernance. « L’idée ici, c’est donc d’aider les gouverneurs de province principalement, parce qu’ils ont aussi en charge la sécurité, à considérer la communication comme la sécurité », a-t-il martelé, rappelant qu’une parole publique maîtrisée peut désamorcer bien des tensions.
Le Ministre a insisté sur la nécessité d’un dispositif coordonné au niveau local. Il a notamment mis l’accent sur l’insuffisance des infrastructures médiatiques en provinces, notamment après le découpage territorial. « Nous devons venir en provinces. Parce que la difficulté que nous avons, par exemple, après les découpages, c’est qu’il n’existe pas de direction provinciale formelle au Lualaba », a-t-il reconnu, appelant à un effort collectif pour pallier cette carence.
Dans cette perspective, un projet de création de stations modernes, dotées de studios capables de produire de l’information locale, est en cours. Une attention particulière sera accordée à des villes comme Lubumbashi, où la modernisation des antennes provinciales est devenue une priorité. « La viabilité, ici, c’est le cadre de travail », a précisé Patrick Muyaya, insistant sur l’importance de structures opérationnelles pour assurer la mission d’information publique.
L’exemple de la pandémie de Covid-19 a été cité pour illustrer les conséquences d’une communication défaillante. « Nous aurions pu épargner des vies, si nous avions réussi pleinement une bonne communication, qui aurait pu contrer celle des personnes qui venaient dire “Qui dit vaccination, dit complot” », a-t-il regretté, plaidant pour une meilleure structuration de la communication publique.
Outre la RTNC, le ministre a encouragé les exécutifs provinciaux à s’appuyer davantage sur l’Agence congolaise de presse (ACP) et à innover avec des outils modernes. « L’idée que j’avais suggérée au Vice-premier ministre, c’est d’examiner la possibilité de créer des radios dans nos 145 territoires », a-t-il révélé, en ajoutant l’importance du développement de plateformes numériques pour toucher les citoyens là où ils se trouvent.
Enfin, Patrick Muyaya a invité les gouverneurs à harmoniser leur communication institutionnelle à travers l’usage de la charte graphique du gouvernement. « La redevabilité, aujourd’hui au XXIe siècle, passe aussi par la communication », a-t-il conclu, réitérant l’engagement du ministère à accompagner les autorités provinciales dans cette dynamique.
PK





