Fermeture de la Radio Nsenda Muana : Le CSAC et l’OPLA dénoncent l’ivresse de pouvoir du Maire de Mwene-Ditu

 

La Radio Nsenda Muana, station communautaire diffusant depuis Mwene-Ditu, la deuxième ville de la province de Lomami, reste scellée depuis la semaine dernière suite à une décision controversée du Maire Gérard Tshibanda Kabue.

Dans un arrêté daté du 29 juillet, l’autorité municipale accuse la radio d’incitation à l’incivisme fiscal et à la haine tribale, sans toutefois préciser le contenu des émissions incriminées. Cette démarche a suscité de vives réactions de la part des responsables de la radio, qui ont dénoncé une procédure entachée d’irrégularités et poursuivi leurs programmes.

Deux jours plus tard, le 31 juillet, la situation a pris une tournure dramatique. En début d’après-midi, alors que le journal se présentait à la station, des agents de la police sont intervenus pour couper l’antenne, évacuer les journalistes et sceller les locaux. Trois membres du personnel présents sur les lieux – Clovis Kaseba, Directeur des Programmes, ainsi que les journalistes Albin Mukadi et Prince Lulamba – ont été arrêtés et conduits au commissariat urbain, où ils ont été placés en détention pour des motifs d’outrage à l’autorité et de rébellion.

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Cette décision du Maire a provoqué l’indignation des acteurs du paysage médiatique. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), section du Kasaï-Oriental, par la voix de son Président Guylain Banza, a fermement condamné la violation de la liberté de la presse. Il appelle à la réouverture immédiate de la Radio Nsenda Muana et à la libération des journalistes détenus.

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OPLA) adopte également un discours similaire, dénonçant une tentative inquiétante de museler les médias face aux défis qui affectent la société. Cet organe plaide pour une réouverture rapide de la radio ainsi que la libération de son personnel arrêté.

Avec cette situation, la liberté d’expression et l’indépendance des médias en RDC se trouvent une nouvelle fois mises à l’épreuve.

Jacob Séraphin Nkita

 

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