Le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », initié par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), fait actuellement l’objet de vifs débats au sein de la société congolaise. Ce lundi 11 août à Kinshasa, le Conseil Inter-Religieux Congolais (C.I.C), regroupant huit confessions religieuses, y compris les Églises de réveil, a émis des critiques substantielles concernant ce projet.
Les experts du C.I.C saluent la volonté des deux grandes Églises de promouvoir la cohésion nationale. Cependant, ils dénoncent l’absence de reconnaissance explicite de « l’agression de la RDC par le Rwanda sous couvert du M23 », un sujet sensible qui, selon eux, mérite une attention particulière. De plus, ils regrettent que certains acquis constitutionnels, tels que l’inviolabilité des frontières, aient été omis dans le discours.
Concernant les questions de sécurité, le C.I.C remarque que l’analyse proposée dans les documents préparatoires reste trop concentrée sur l’Est du pays, négligeant ainsi d’autres réalités tout aussi préoccupantes.
Par ailleurs, des interrogations portent sur la méthode de travail déployée, avec des critiques relatives à l’imprécision sur la composition du Secrétariat technique et à un mode de sélection des experts jugé contestable. Les pouvoirs accordés à certaines instances suscitent également des inquiétudes quant à leur étendue.
L’organisation religieuse met en garde contre une potentielle confusion entre diplomatie religieuse et diplomatie étatique, une situation qu’elle considère comme susceptible de générer des tensions au sein de la société.
En dépit de ces réserves, le C.I.C, qui inclut des entités telles que les Communautés Unies du Réveil (CUR), le Conseil Supérieur Chiite et la Communauté Islamique au Congo (COMICO), réaffirme sa volonté de participer activement à cette initiative. L’archevêque Dodo Israël Kamba a insisté sur le fait que le processus est à ses débuts et que toutes les parties disposent encore du temps et des moyens nécessaires pour enrichir le texte final. L’objectif demeure clair : bâtir ensemble un cadre solide de paix et d’unité dans un contexte régional toujours fragile.
PK





