RDC : où en est-on avec la production de la carte d’identité ?

 

En République démocratique du Congo, certains faits défient toute logique. Comment concevoir, dans un État de droit, que les lois soient piétinées, que des fonds publics disparaissent dans l’impunité, que des citoyens soient escroqués au nom de la République et que certains responsables se permettent de s’ériger en petits rois intouchables ?

Dans cette longue liste d’absurdités, le cas de l’Office National d’Identification de la Population (ONIP) est sans doute l’un des plus éloquents. Alors que les Congolais attendent toujours leur carte d’identité, la seule officiellement délivrée reste celle remise en 2023 au chef de l’État, en tant que premier citoyen du pays. Depuis, silence radio : l’ONIP est devenu aphone, laissant planer de sérieux doutes sur les raisons réelles de cette inertie.

Pire encore, le directeur général de cet office, Richard Ilunga, est dans le viseur des syndicalistes qui l’accusent d’une gestion calamiteuse : recrutements abusifs, confiscation de salaires, népotisme et affairisme au détriment de la mission première de l’ONIP. À son époque, l’IGF avait déjà tiré la sonnette d’alarme, dénonçant des pratiques douteuses, notamment un trafic des listings via la Sofibanque, au moment même où l’office était censé s’atteler à fournir aux Congolais une pièce d’identité indispensable.

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Il est utile de rappeler que la carte d’identité est un droit fondamental pour tout citoyen. Elle ne devrait pas être un luxe réservé à une seule personne, encore moins un objet de spéculation ou d’enrichissement illicite. Sa production, permanente et ininterrompue, aurait dû être la priorité de l’ONIP.

Aujourd’hui, la question demeure : où en est-on réellement dans le processus de production de la carte d’identité nationale ? Le silence de l’ONIP ne fait qu’alimenter la suspicion et renforcer l’idée d’une République où le citoyen est oublié par ses propres institutions.

Zamenga Odimbale

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