Le vice-Premier Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, a fermé toute porte à la participation de l’ancien Président Joseph Kabila à un dialogue politique national. Lors d’une interview accordée mercredi 8 octobre à RFI, le Ministre a estimé que les actes passés de l’ancien Chef de l’État le disqualifiaient « moralement et politiquement » et que sa présence ne serait pas pertinente dans un cadre de concertation nationale.
Jacquemain Shabani a imputé directement à Joseph Kabila une part de la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC. Selon le vice-Premier Ministre, l’ancien Président aurait initié et soutenu des groupes armés responsables de pillages et d’actions terrorisantes depuis plusieurs années, alimentant ainsi l’instabilité persistante dans la région.
Le Ministre a également pointé du doigt le rôle de Joseph Kabila dans le retour du mouvement rebelle M23, à l’origine du déplacement de milliers de civils vers les environs de Goma. « Il est le parrain de ces rebelles et doit être tenu pour responsable des exodes massifs qu’ils provoquent », a-t-il dénoncé, soulignant les conséquences humanitaires de ces violences sur les populations locales.
Malgré le statut particulier dont bénéficie Kabila en tant qu’ancien chef de l’État, Jacquemain Shabani l’a exhorté à respecter ses devoirs et obligations. Le vice-Premier Ministre a insisté sur la fin des pratiques d’impunité et du double discours, affirmant que le pays ne saurait tolérer de tels comportements dans le cadre d’un dialogue national devant renforcer l’État de droit et la sécurité sur l’ensemble du territoire.
PK





