Tueries, vols à main armée, braquages, assassinats ciblés, extorsions… Kinshasa a perdu son visage d’oasis de paix, d’opportunités et de divertissements. La capitale congolaise vit désormais au rythme de la peur, dans un climat où l’insécurité semble s’installer durablement.
Depuis plusieurs mois, cette spirale de violence a élu domicile dans la ville-province, transformant le quotidien des Kinois en une véritable épreuve. Sortir le matin et rentrer sain et sauf le soir n’est plus une certitude. L’angoisse s’est enracinée dans les esprits, aussi bien de jour que de nuit, au point de paralyser certaines activités sociales et économiques.
Les faits récents illustrent l’ampleur du mal. Il y a quelques jours, un professeur d’université a été froidement assassiné à son domicile, un crime qui a profondément choqué l’opinion. Comme si cela ne suffisait pas, le meurtre d’une jeune femme d’une vingtaine d’années dans un hôtel de la commune de Lemba est venu raviver l’indignation. Pour beaucoup, Kinshasa prend des allures de mouroir, où la vie humaine semble perdre sa valeur.
Face à cette situation alarmante, la question de la gouvernance sécuritaire de la capitale se pose avec acuité. Kinshasa est également confrontée à un boom démographique incontrôlé, nourri par un exode rural massif. À la recherche d’emplois et de meilleures conditions de vie, des milliers de personnes affluent chaque année vers la capitale, sans que les infrastructures, les services sociaux et les opportunités économiques ne suivent.
Plusieurs analystes estiment que le chômage endémique, l’absence de politiques urbaines efficaces et le déficit de contrôle sécuritaire constituent un terreau fertile pour la criminalité. Faute de réponses structurelles et durables, le pire est à craindre, préviennent-ils.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. Kinshasa a besoin d’une réponse sécuritaire ferme, coordonnée et humaine, couplée à des politiques sociales capables de s’attaquer aux causes profondes de cette insécurité galopante. Car laisser la situation se dégrader davantage, c’est accepter que la peur devienne la norme dans la plus grande ville du pays.
Zamenga Odimbale





