La spirale de violences qui frappe la province de l’Ituri continue de faire des ravages. Dans un rapport d’enquête rendu public cette semaine, la Convention pour le respect des droits humains (CRDH) dresse un bilan particulièrement lourd : au moins 433 civils ont été tués entre 2022 et 2025 dans les territoires de Djugu et d’Irumu, lors d’attaques attribuées à plusieurs groupes armés actifs dans la région.
Selon ce document, de nombreux villages ont été régulièrement pris pour cible dans des opérations violentes visant essentiellement des populations civiles sans défense. La CRDH évoque des attaques nocturnes répétées, des enlèvements, des incendies de maisons, des pillages systématiques de biens ainsi que des agressions contre des sites accueillant des personnes déplacées internes.
L’organisation de défense des droits de l’homme pointe la prolifération et la fragmentation des groupes armés, mêlant milices locales et mouvements rebelles étrangers, comme l’un des principaux facteurs de l’insécurité persistante en Ituri. Cette dynamique, souligne le rapport, a contraint des milliers de familles à fuir leurs localités d’origine pour trouver refuge dans des camps de déplacés ou dans des zones jugées relativement plus sûres.
Au total, la CRDH affirme avoir documenté 553 incidents sécuritaires au cours de la période étudiée. Outre les 433 morts recensés, ces violences ont fait 87 blessés et conduit à l’enlèvement de 13 civils dans les territoires de Djugu et d’Irumu.
Le rapport s’attarde également sur ce que l’organisation qualifie de « silence préoccupant » de la communauté internationale. Selon la CRDH, l’absence de réaction ferme face à l’ampleur des exactions contribue à leur banalisation et fragilise le principe de la responsabilité de protéger les populations civiles.
Face à cette situation, la CRDH appelle les autorités congolaises à adopter des mesures urgentes et structurelles. Parmi ses recommandations figurent notamment la levée de l’état de siège, la démilitarisation de l’administration civile et le rétablissement effectif des autorités civiles légitimes. L’organisation plaide également pour l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs civils et militaires des crimes documentés, afin de lutter contre l’impunité.
À l’échelle internationale, la CRDH recommande aux Nations unies l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, le renforcement des mécanismes de protection des civils et l’imposition de sanctions ciblées contre les responsables présumés des violations graves des droits humains. Elle appelle enfin à un soutien accru aux efforts de documentation des abus et à la garantie d’un accès humanitaire sans entrave aux populations affectées.
JC Mbafumoja





