Les conditions de détention demeurent alarmantes à la prison centrale de Kangbwayi, implantée en ville de Beni au Nord-Kivu. Ce, depuis plusieurs années. La société civile du territoire de Beni dénonce un surpeuplement extrême et l’absence de moyens de fonctionnement.
Dans un mémorandum adressé le week-end dernier au président de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, elle appelle le gouvernement à agir pour prévenir de nouveaux cas de maladies et de décès en milieu carcéral. Construite pour accueillir environ 250 détenus, la prison de Kangbwayi en héberge aujourd’hui plus de 2 000. Parmi eux figurent des civils, mais aussi d’anciens combattants armés et des personnes poursuivies pour des infractions graves.
Selon la société civile, cette surpopulation expose les prisonniers à des conditions sanitaires très préoccupantes.
« La situation de la prison de Kangbwayi à Beni est alarmante : elle compte plus de 2 000 détenus alors que sa capacité d’accueil est de seulement 250. Curieusement, parmi eux, il y a ceux qui sont arrêtés pour des faits bénins ou pour des raisons encore inconnues. Ce surpeuplement est à la base des cas de maladies et de décès parmi les prisonniers », indique-t-elle.
La société civile souligne également que la prison abrite des profils très variés, notamment des criminels, des militaires, des éléments présumés des Allied Democratic Forces (ADF), des combattants Maï-Maï et des civils. Outre la surpopulation, la société civile dénonce l’irrégularité des fonds destinés à la gestion de l’établissement pénitentiaire.
« Les moyens de fonctionnement ne sont pas régulièrement envoyés à la prison de Kangbwayi. Pour l’année 2025, sur les quatre trimestres, un seul a été effectivement payé, alors que cette prison abrite des détenus de tout genre », affirme-t-elle.
Selon la société civile, cette situation aggrave les conditions de vie déjà précaires des détenus et complique la gestion sécuritaire de cette maison de correction.
JC Mbafumoja





