Dans la chefferie des Baswagha, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, les alertes se multiplient. Tracasseries, extorsions et violations graves des droits humains y sont signalées de manière récurrente, dans un contexte sécuritaire toujours dégradé et marqué par une présence limitée de l’État.
Point focal de la protection civile dans la zone, Vianney Vitswamba décrit une situation « préoccupante ». Selon lui, plusieurs villages restent sous l’influence de groupes armés qui imposent leurs propres règles. Sur les routes de desserte agricole, des barrières illégales ont été érigées, contraignant les usagers à s’acquitter de sommes variant entre 1 000 et 2 000 francs congolais pour circuler.
Pour la société civile, ces pratiques accentuent la vulnérabilité de populations déjà éprouvées par des années de conflit. Mais au-delà des extorsions, des exactions plus graves sont également documentées. Des cas de détentions arbitraires de civils dans des cachots, parfois souterrains, sont évoqués, avec des allégations de torture. Certaines victimes seraient contraintes de payer des amendes jugées exorbitantes pour recouvrer leur liberté.
« La quasi-totalité de la chefferie est sous l’emprise des groupes armés. Les barrières illégales se multiplient et la population est soumise à des amendes exorbitantes. Nous avons même documenté l’existence de cachots clandestins où des civils sont maltraités », alerte Vianney Vitswamba.
Face à cette dégradation persistante, la protection civile appelle à une intervention urgente des autorités afin de restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire. Elle plaide également pour un renforcement des mécanismes de protection des civils et une intensification des actions de sensibilisation au respect des droits humains.
JC Mbafumoja





