C’est une triste réalité que traversent les habitants de la ville de Mbuji-Mayi, capitale provinciale du Kasaï-Oriental. Autrefois appelée « vache laitière » pour sa force économique ragaillardie par le diamant et la forte présence d’entreprises, Mbuji-Mayi sombre dans l’impasse ces dernières années.
À ce jour, plusieurs grandes entreprises sont à l’agonie, ou même déjà au cimetière. C’est notamment le cas de la BRASIMBA, la SOGAKOR, la MIBA et la SACIM, pour ne citer que celles-là.
Le constat fait par Actu7.cd est désolant. Cette précarité des entreprises freine le développement de la ville et confine ses habitants dans le chômage. Ces dernières semaines, des voix s’élèvent de partout pour dénoncer ce que devient Mbuji-Mayi. À travers ses plateformes numériques, Théo Mbuyi, partisan de l’UDA originelle, attire l’attention des gouvernants sur les priorités locales. Il dénonce cependant le fait que les énergies soient concentrées sur le changement de la constitution, alors que ce changement devrait être celui des conditions sociales des citoyens congolais.
« Pendant qu’on agite la révision de la constitution, le Kasaï-Oriental s’enfonce dans une misère abyssale. Qu’on cesse de distraire le peuple avec des textes et qu’on commence enfin à répondre à sa souffrance », a écrit cet opposant.
Motos et cabines comme survie
Pour survivre face à cette difficulté, de nombreux jeunes qui ne savent où aller, se réfugient dans des activités génératrices des revenus, petits soient-ils. Certains ouvrent des cabines de charge téléphonique et de vente des crédits. Les autres se lancent dans le transport en commun, parfois avec un diplôme de licence ou de graduat obtenu avec succès sur le banc de l’université. Le pari-sportif sauve beaucoup d’entre-eux.
Le chômage à Mbuji-Mayi montre qu’il ne suffit pas d’étudier pour décrocher un emploi, mais de faire preuve de résilience. D’ailleurs, les emplois se négocient souvent dans le noir, où uniquement ceux qui ont des connaissances avec des tiers en profitent, au détriment de ces milliers de jeunes capables mais sans parrain.
Promesses des autorités et réalités visibles
Tout est dilatoire et parfois de l’utopie. Plusieurs promesses, plusieurs supposées actions, mais jamais de réalisations concrètes sur le terrain. Les gouvernants se contentent de dire pour ne toujours pas passer à l’acte. Pendant ce temps, c’est la population qui en pâtit, la jeunesse qui en souffre.
Un changement de leadership peut sauver Mbuji-Mayi de l’impasse et offrir à sa jeunesse le chemin de l’autonomie et du succès. Sans ce sursaut, Mbuji-Mayi deviendra une ville abandonnée, où il sera difficile de vivre.
Jacob Séraphin Nkita, à Mbuji-Mayi





