Plus de 3500 déplacés en provenance du territoire de Kwamouth ont été recensés à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, en prélude à un éventuel retour dans leurs villages d’origine, après près de quatre années passées loin de leurs terres.
D’après l’administration territoriale, sur les neuf villages concernés par ce processus, seuls trois sont actuellement jugés sécurisés. Il s’agit de Menko, Dilala et du camp Baku, où aucune menace sécuritaire n’est, pour l’instant, signalée. Cette évolution suscite un regain d’espoir parmi les populations déplacées, notamment après le passage d’une mission de pacification conduite par le ministre délégué à la Défense, Eliezer Tambwe.
Au centre collectif de Malebo, où vivent plusieurs centaines de déplacés, la question du retour est au cœur des échanges quotidiens. Les conditions de vie y demeurent particulièrement difficiles, entre manque d’assistance humanitaire et précarité extrême.
« Plus de 200 personnes sont décédées ici. Nous venons encore d’enterrer un homme et une femme. Il n’y a ni médicaments ni toilettes. Nous dormons dans des conditions précaires » ,déplore une veuve, mère de quatre enfants.
D’autres déplacés expriment également leur désir pressant de regagner leurs villages afin de reprendre leurs activités agricoles, principale source de subsistance.
« Je n’ai pas d’abri. J’ai besoin de moyens pour construire mon logement à mon retour. Il n’y a pas à manger. Je ne peux plus continuer à vivre ici à Bandundu. Je dois rentrer chez moi pour cultiver » , témoigne Bernadette Aniwa, originaire du village Machambio.
Malgré les signaux encourageants sur le plan sécuritaire dans certaines zones, de nombreux défis restent à relever pour garantir un retour digne et durable des populations concernées.
Emery Lucky Poya, depuis Kenge





