Kwango : Une mission d’experts déployée sur les routes provinciales dégradées, plusieurs axes prioritaires évalués

 

 

 

Dans la province du Kwango, la venue d’une mission d’experts du Secrétariat général aux Infrastructures et Travaux publics, depuis le 28 avril 2026, met en lumière bien plus qu’un simple diagnostic technique. Officiellement dépêchée pour évaluer l’état des routes et ouvrages d’art sur instruction du ministre des ITP, John Banza, cette descente intervient dans un contexte de dégradation avancée du réseau routier et de tensions latentes autour de la gestion des infrastructures.

 

Sur le terrain, les équipes techniques doivent examiner plusieurs axes considérés comme prioritaires mais fortement dégradés, notamment les corridors Kenge–Kahemba–Shamaziamu, Bukanga-Lonzo–Kasongo-Lunda–Kahemba, l’axe 622–Mukoso, ainsi que les liaisons Kisantu–Kimvula–Popokabaka. Deux ponts effondrés figurent également parmi les points critiques identifiés, symbolisant l’isolement progressif de certaines zones.

 

Au-delà du constat technique, cette mission s’inscrit dans un environnement institutionnel où les responsabilités sont déjà l’objet d’interprétations concurrentes. Le chef de mission, Alex Ngandu, insiste sur une approche strictement méthodologique : établir un diagnostic complet avant toute intervention. Mais sur le plan politique, la lecture de cette initiative est déjà disputée.


 

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À leur arrivée, le président de l’Assemblée provinciale, Tite Mund Ngaand, a mis en avant les démarches de plaidoyer menées auprès des autorités nationales, estimant avoir contribué à l’activation de cette mission. Une déclaration qui illustre une dynamique récurrente : la compétition entre acteurs politiques locaux et nationaux autour de la paternité des projets d’infrastructures.

 

Si le discours officiel met en avant la coordination entre institutions provinciales et gouvernement central, il révèle aussi une réalité plus complexe, marquée par des enjeux de visibilité et d’influence dans la mise en œuvre des politiques publiques.

 

Dans une province frontalière de l’Angola sur près de 1 500 kilomètres, le déficit d’infrastructures routières reste un frein majeur aux échanges économiques et à la mobilité des populations.

 

Malgré un potentiel souvent mis en avant, les populations locales continuent de faire face à des axes impraticables et à des ouvrages dégradés.

L’axe Kenge–Musamba–Mawanga–Panzi–Shamaziamu est notamment présenté par les autorités locales comme stratégique pour le développement économique régional, mais son état actuel limite fortement son rôle structurant.

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Sur place, l’attente est moins politique que pratique. Les habitants, habitués aux annonces de missions techniques sans suites visibles immédiates, expriment un scepticisme croissant face à la lenteur des interventions.

 

La mission en cours, appuyée par l’entreprise Bureau Management for Républicain SA, est désormais attendue sur un point central : transformer l’observation technique en recommandations applicables, dans un contexte où la question routière au Kwango reste un problème structurel ancien, régulièrement diagnostiqué mais rarement résolu de manière durable.

 

Emery Lucky Poya

 

 

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