Un détenu est mort le 22 mai dernier au parquet d’Idiofa, dans la province du Kwilu. Cette situation vient mettre en lumière deux problèmes qui minent la justice et la santé publique dans le territoire du Kwilu : les conditions de détention et l’absence totale d’infrastructure mortuaire.
Selon Arsene Kasiama Pipete, président de la Nouvelle Société Civile du Kwilu, la victime, M. Etu, avait été interpellée puis transférée au parquet d’Idiofa vers 16h dans un état critique, après avoir subi des violences de la part d’éléments de la police criminelle. Placé en cachot malgré son état, il est décédé quelques heures plus tard, vers 19h.
Le corps a été conduit à l’hôpital pour constat du décès, puis déposé dans un hangar servant de morgue de fortune. C’est là que la dépouille a disparu dans la nuit. Elle n’a été retrouvée que le lendemain vers 16h, dans la brousse sous un manguier.
Pour la société civile, cet épisode n’est pas qu’un fait divers. Il révèle l’urgence de doter Idiofa d’une morgue fonctionnelle et de renforcer le contrôle sur les conditions de garde à vue.
« C’est un drame sans précédent à Idiofa. On ne peut pas continuer à traiter les corps et les détenus dans ces conditions », dénonce Arsene Kasiama Pipete. Il appelle à l’ouverture immédiate d’une enquête pour établir les responsabilités de la police criminelle et du parquet.
Les acteurs locaux interpellent également l’Auditorat militaire et le procureur général près la Cour d’appel du Kwilu afin que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort et sur la disparition du corps.
Au-delà du cas individuel, c’est l’état des infrastructures judiciaires et sanitaires dans le territoire qui est pointé du doigt.
Emery Lucky Poya





