Une vive tension s’est installée depuis la matinée de ce vendredi 19 juin 2026 dans le village de Mbelo-Ndumbu, chef-lieu du groupement du même nom, situé dans le secteur Mikwi, territoire de Bulungu, province du Kwilu. Des hommes armés, présentés par des sources locales comme un groupe composé de policiers et de militaires, ont fait irruption dans la localité aux premières heures de la matinée, provoquant la panique au sein de la population.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’incursion serait survenue vers 4 heures du matin. Des coups de feu à balles réelles auraient été entendus au cours de l’opération, avant l’enlèvement présumé du chef de village, Jean-Muzaba, conduit vers une destination encore inconnue à ce stade.
La scène a provoqué une forte tension dans le village. Des jeunes auraient tenté de poursuivre les assaillants, sans succès, ces derniers ayant quitté les lieux à bord de motos.
D’après des sources locales, les éléments armés seraient venus de Bandundu-ville le jeudi 18 juin et auraient passé la nuit dans le village de Mulashi avant de poursuivre leur progression vers Mbelo-Ndumbu.
Les habitants affirment qu’il s’agit de la troisième incursion de ce type dans la zone, alimentant un climat d’inquiétude dans cette contrée essentiellement rurale du territoire de Bulungu, où la population dépend principalement des activités champêtres.
Selon les mêmes sources, une précédente opération avait déjà conduit à l’interpellation de quatre hommes et d’une femme, ensuite transférés dans des cachots à Bandundu-ville avant d’être relâchés après des démarches locales.
Face à cette situation, la population appelle les autorités compétentes à intervenir afin de rétablir la sécurité et garantir la protection des habitants.
Sur place, des interrogations persistent également sur les conditions dans lesquelles ces opérations sont menées. Les habitants estiment que les interventions des forces de défense et de sécurité devraient se faire dans le respect des structures administratives locales, notamment le gouverneur de province, l’administrateur du territoire, le chef de secteur et le chef de groupement.
Ils appellent ainsi les autorités provinciales et nationales à se pencher sur cette situation afin d’éviter une escalade des tensions et de préserver la confiance entre la population et les services de l’État.
Enfin, la population demande l’ouverture d’une enquête pour clarifier les circonstances de cette intervention, identifier les responsabilités éventuelles et mettre fin à ce qu’elle qualifie de tracasseries répétées.
Emery Lucky Poya





