Guerre dans l’Est : une femme retrouvée morte à Beni après des soupçons de liens de son mari avec l’AFC/M23

 

La guerre qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo continue de produire des victimes bien au-delà des lignes de front. Depuis l’occupation par l’AFC/M23 de plusieurs territoires et villes du Nord et Sud Kivu, des familles de personnes soupçonnées de liens avec la rébellion affirment subir menaces, représailles et déplacements forcés. Le drame vécu par une famille originaire de Goma qui a trouvé refuge à Béni en est une illustration éloquente de cette autre facette du conflit.

D’après plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, Nenette Bitijula, épouse de John Mumbere, un homme soupçonné par ses proches d’avoir rejoint les rangs de l’AFC/M23, a été retrouvée morte ce mardi 7 juillet 2026 dans sa maison de Béni, au Nord-Kivu.

Selon les membres de sa famille, la victime aurait été agressée sexuellement avant d’être tuée. Les circonstances de sa mort n’ont, à ce stade, pas été officiellement établies. Ses proches estiment toutefois que ce crime serait lié aux accusations visant son mari, que certaines personnes affirment avoir identifié dans les effectifs du mouvement rebelle.


Toujours selon les témoignages recueillis, l’absence prolongée de John Mumbere aux côtés de sa famille a rapidement alimenté des rumeurs sur une possible adhésion au mouvement rebelle depuis qu’ils étaient à Goma, avant même la prise de la ville par les rebelles. Dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, ces soupçons auraient suffi à faire basculer toute une famille dans la peur.

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« Ils demandaient où se trouvait son mari. Ils nous disaient que, puisqu’il avait choisi son camp, sa famille devait également en assumer les conséquences. C’est à ce moment-là que nous avons compris que nous étions tous en danger. On pensait que ça allait s’arrêter une fois qu’on sera loin de Goma, mais malheureusement ça nous poursuit », confie un proche, sous couvert d’anonymat.

Après la découverte du corps de Nenette Bitijula, plusieurs membres de la famille affirment qu’is vivent en insécurité.

« Nous avons tout abandonné dès qu’on a appris la nouvelle. Nous ne vivons plus, nous survivons. Nous ne savons même pas comment faire le deuil de notre sœur. Nous ignorons quand nous pourrons rentrer chez nous sans risquer notre vie », témoigne un autre membre de la famille.

Des acteurs de la société civile et des organisations de défense des droits humains alertent régulièrement sur les risques de stigmatisation et de violences visant les proches de personnes soupçonnées de collaborer avec des groupes armés, même en l’absence d’éléments établissant leur implication.

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Pour les proches de Nenette Bitijula, cette tragédie symbolise les conséquences humaines d’un conflit où les soupçons finissent parfois par emporter des familles entières.

Ils appellent les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de cette mort, à identifier les auteurs de ce crime et à assurer la protection des membres de la famille, aujourd’hui dispersés et vivant dans la peur.

I.Ch

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