Au cours d’une réunion d’évaluation tenue à Makumo, chef-lieu du groupement Bangole, dans le sud du territoire de Mambasa, province de l’Ituri, les forces vives dénoncent une multiplicité de barrières « illégales » et les tracasseries routières sur l’axe Mambasa-Makeke.
Faisant le compte-rendu de cette rencontre à la presse, Maître Jospin Paluku, coordonnateur de la nouvelle société civile du Congo, indique avoir identifié dix-huit (18) barrières sur cette route longue de près de cent vingt (120) kilomètres. D’après l’activiste, « ces barrières sont tenues par l’armée et la Police pour percevoir de l’argent auprès des passants ».
Par ailleurs, les forces vives ont dénoncé plus de trente (30) barrières érigées sur les routes de desserte agricole. À en croire Me Jospin Paluku, sur ces barrières, les agriculteurs donnent l’argent ou des produits de champs notamment le cacao. Il plaide pour que les « militaires soient orientés dans la forêt pour traquer les ADF (Forces démocratiques alliées) ».
Aucune source officielle n’a réagi à cette dénonciation. Pour un agent du service des renseignements contacté par nos sources, « la population sait seulement se plaindre sans tenir compte de paramètres qui entrent en compte ».
« (…) Que dirait la même société civile si après avoir enlevé ces barrières, on enregistre des dégâts sur cet axe ? Dénoncer c’est bien, mais il y a d’autres réalités et paramètres que la société civile ne maîtrise pas », a-t-il réagi sobrement sous anonymat.
Le sud du territoire de Mambasa qui partage une large limite avec le Nord-Kivu est la région la plus meurtrie de Mambasa. Longtemps considérée comme bastion des groupes armés locaux, cette zone est confrontée depuis 2019, aux attaques des ADF.
Andy Kambale Matuku





