Dans une région dévastée par des décennies de violences, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri intensifient leur coopération pour faire front commun face aux groupes armés qui continuent de semer le chaos dans l’Est de la République démocratique du Congo. À l’occasion du lancement de la deuxième phase du programme « Ensemble pour la stabilité et la gouvernance sécuritaire », les gouverneurs militaires des deux provinces ont réaffirmé leur engagement pour la paix, lundi 26 mai 2025 à Bunia.
Cette initiative, soutenue également au Sud-Kivu, vise à restaurer la stabilité, encourager le développement local et impliquer davantage les communautés dans la gouvernance sécuritaire. L’approche conjointe entend répondre aux causes profondes de l’instabilité et créer un climat propice à la reconstruction des territoires affectés.
Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Evariste Somo Kakule, a mis en lumière les bénéfices déjà observés sur le terrain. « Ce programme nous a permis de renforcer nos échanges et nos expériences, notamment au Nord-Kivu, où nous faisons face à une guerre totale et à l’activisme des groupes armés », a-t-il expliqué. Pour lui, l’implication citoyenne est cruciale : « Ces discussions nous aideront à mieux stabiliser notre situation et à impliquer la population dans la gestion de sa propre sécurité ».
Insistant sur le rôle déterminant des communautés locales, le général Kakule a lancé un appel à la mobilisation collective : « Le Nord-Kivu a particulièrement besoin de ces initiatives pour pouvoir lancer des efforts de reconstruction, comme c’est déjà visible à Bunia, où la transformation est palpable. Sans la paix, le développement reste impossible ».
Son homologue de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, partage ce point de vue et insiste sur la nécessité d’unir les efforts pour contrer les groupes armés actifs dans la région, notamment les ADF. Selon lui, seule une action coordonnée permettra de répondre efficacement aux menaces sécuritaires persistantes.
Parmi les chantiers prioritaires figure la réouverture du tronçon Komanda LunaBeni sur la Route nationale numéro 4, aujourd’hui impraticable en raison des attaques régulières. Sa remise en état est jugée indispensable pour relancer l’activité économique et sécuriser les déplacements dans cette zone stratégique.
En s’appuyant sur cette coopération renforcée, les autorités espèrent jeter les bases d’un avenir plus sûr. « Et nous sommes tous informés des démarches en cours pour que la guerre cesse », a conclu le général Kakule, exprimant l’espoir d’un retour progressif à la paix dans l’est du pays.
PK





