Kananga/ Meurtre experts onusiens : vers l’explosion de la vérité sur les commanditaires !

 

La cour militaire de l’ex Kasaï Occidental a siégé ce mardi 20 avril 2021 à Kananga sur le dossier du meurtre de deux (2) experts de Nations-Unies.

L’audience de ce jour était essentiellement consacrée à l’identification des commanditaires du meurtre des experts onusiens.

Appelée à la barre comme renseignante, Sonia Rolley journaliste de la Radio France internationale (RFI) a révélé notamment que le prévenu Jean Bosco Mukanda avait promis de dire la vérité sur le meurtre des experts aux internationaux s’il était protégé. Une révélation qui a réveillé la curiosité de la cour qui a voulu en savoir plus.


Le prévenu Jean Bosco Mukanda, en rétorquant, affirme avoir échangé avec les agents de la Mission de l’organisation des Nations-Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) pour leur indiquer où se trouvait le village Moyo Musuila ( lieu du meurtre des experts) tout en ajoutant qu’il avait exigé sa sécurité, car poursuit-il, la zone était rouge.

A la question de savoir qui a commandité le meurtre des experts onusiens, le prévenu Jean Bosco Mukanda laisse entendre qu’il n’en sait rien, mais reconnait tout de même avoir été utilisé comme renseignant par les autorités militaires dont le Colonel Mambweni pour informer sur les attaquer et faciliter l’arrestation des miliciens.

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A travers de petites questions d’éclaircissement, le prévenu Mukanda a également affirmé avoir été logé à Kinshasa par Kalev Mutond, l’ancien directeur de l’Agence nationale des renseignements ( ANR) pour informer ce dernier sur les circonstances de la mort des experts onusiens.

Après ce débat houleux, le ministère public a fait lire la vidéo du meurtre des experts de Nations-Unies à Bunkonde au Kasaï-Central. Selon l’officier du ministère public, la vidéo identifie les bourreaux comme éléments de Kamuina Nsapu et révèle que la décision de tuer les experts était déjà prise avant même que ces derniers ne descendent sur le lieu d’exécution.

Une analyse que la journaliste de la RFI n’arrive pas à digérer, car selon elle, dans la vidéo, il y a deux groupes de commanditaires ou de chefs qui donnent des ordres sur l’exécution de Michael Sharp et Zaida Catalan. D’un côté, il y a les miliciens qui parlent correctement la langue Tshiluba et de l’autre côté les « soi-disant miliciens » qui ne parlent que le Français et le Lingala.

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Sonia Rolley est persuadée que l’ordre de tuer les experts onusiens proviendrait d’une personne qui n’était pas sur le lieu d’exécution, mais qui donnait des ordres à travers un téléphone. C’est ainsi qu’elle a sollicité de la cour une expertise sur l’authenticité de la vidéo et de vérifier si au moment de l’exécution des experts, il y avait un appel en direct de quelque part.

Sur ce, la Cour a signalé qu’à l’audience prochaine, la vidéo sera encore balancée afin que chaque partie puisse faire son analyse avant d’arriver à la conclusion. Elle a par ailleurs demandé à Sonia Rolley de verser ses enquêtes au greffe pour servir de documentation en la matière.

Certaines indiscrétions révèlent que Kalev Mutond pourrait être dans les prochains jours cité à venir comparaître dans ce procès.

La prochaine audience est prévue pour le jeudi 22 prochain.

CP

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