Le Comité laïc de coordination (CLC), associé aux mouvements citoyens tels que Lucha et Filimbi ne sont pas du tout d’accord avec la précipitation et la politisation excessive du processus de désignation du président de la Commission électorale nationale Indépendante (CENI) ». Dans un communiqué rendu publique mercredi 24 juin, ces structures rappellent notamment que « l’audit et l’évaluation de la CENI ainsi qu’un consensus des principales parties prenantes sur les reformes du système électoral congolais sont des préalables impératifs à l’organisation d’un processus électoral libre et transparent ».
Le CLC et les mouvements citoyens considèrent que « la désignation forcée et unilatérale du président de la CENI est une première étape de la manipulation des élections de 2023 et
une nouvelle provocation contre la population congolaise qui a déjà payé, au prix du sang, sa ferme volonté d’aboutir à un processus électoral réellement démocratique ».
Voilà pourquoi ils préconisent que « les
cinq prochains mois de l’année 2020 soient mis activement à profit pour la mise en œuvre de ces séquences ». Il s’agit pour eux de l’évaluation et audit, la réforme de l’institution
et la mise en place de nouveaux animateurs suivant un projet de calendrier ».
Ce projet de calendrier, expliquent le CLC et les mouvements citoyens, devrait suivre certaines normes. C’est dans ce sens qu’ils estiment que le mois de juillet 2020 devrait être consacré à l’examen du rapport de la CENI à l’Assemblée nationale et un audit par l’Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes.
Et les mois d’août à septembre, le CLC préconise les échanges entre les principales parties prenantes sur le processus électoral et la réforme de la CENI, organisés par des structures crédibles de la société civile. Octobre devrait être le mois de l’adoption à l’Assemblée nationale de la réforme de la loi organique de la CENI et de la loi électorale amendée « qui devra prendre en compte notamment la nécessité du renforcement de l’indépendance et de la dépolitisation de la CENI ».
Et novembre sera consacré à la désignation, nomination et mise en place du président et des membres de la CENI.
Le CLC, La Lucha, Filimbi…préviennent l’opinion tant nationale qu’internationale de leur ferme détermination à « barrer la route à une quelconque initiative cynique et arrogante ayant pour objectif la fabrication des résultats électoraux controversés comme ce fut le cas en 2011, de nouveaux résultats électoraux controversés ».
« La convocation par le Parlement, d’une plénière pour entériner une quelconque désignation d’un président de la CENI sera un point de non-retour qui ne nous laissera point d’autre choix que d’appeler la population à se joindre à cette plénière pour exprimer sans équivoque son opposition à ce processus corrompu », menacent le CLC et les mouvements citoyens.
Face aux enjeux de l’heure, ces ONG annoncent du coup le début des séances publiques de sensibilisation et de mobilisation populaire. Ils invitent la population congolaise à faire sienne cette initiative « pour barrer la route à tout plan machiavélique dont l’objectif est de nous inscrire dans un schéma de crise électorale interminable ».
Aussi, Le CLC, La Lucha, Filimbi…, appellent toutes les forces vives de la nation à se joindre à cette lutte patriotique pour sauver la démocratie.
Rachidi Mabandu





