Le pasteur Mukuna a déposé, le jeudi 7 mai, au Parquet Général près la Cour constitutionnelle une dénonciation à l’encontre de l’ancien Président de la République Joseph Kabila. Dix griefs ont été retenus contre Joseph Kabila par le coordonnateur de l' »Éveil patriotique ». Mais au-delà de la sensation créée par le courage dont a fait montre l’homme de Dieu, il apparait clair qu’il n’atteigne pas ses visées. Éclairage.
L’ancien président de la République n’est pas intouchable en dépit du rôle combien important qu’il joue dans la scène politique en RDC. L’homme de Kingakati a la majorité au Sénat et à l’Assemblée nationale. Pas seulement. Joseph Kabila contrôle la quasi totalité des provinces avec les gouverneurs ainsi qu’une grande majorité dans les assemblées provinciales. Ce qui fait de lui l’homme fort du régime et une pièce maîtresse dans la gestion du pays. Il a un mot.
Politiquement, des observateurs voient mal comment le Président actuel peut sacrifier son partenaire au profit de Pascal Mukuna à qui Félix Tshisekedi ne peut tirer aucune dividende. Félix Tshisekedi a plutôt intérêt, du moins jusqu’à ce stade, à conserver et entretenir ses relations avec Kabila ne sachant pas le sort que la justice réserve à son collaborateur Vital Kamerhe.
Sur le terrain purement judiciaire, l’Évêque se trouve face à un dilemme. Et pour cause, Joseph Kabila Kabange jouit de l’immunite. C’est-à-dire exempté des poursuites pénales pour les actes posés dans l’exercice de ses fonctions conformément à la Loi 18/021 du 26 juillet 2018 portant statut réservé aux anciens présidents de la RDC.
Un bémol tout de meme. Les avocats de Pascal Mukuna peuvent s’appuyer sur le passage de cette loi qui stipule que « les poursuites doivent être autorisées par les 2/3 des membres du Congrès ». Là aussi, fort dommage que le FCC de Joseph Kabila domine l’Assemblée nationale et le Sénat. Une raison de plus pour voir la plainte de Mukuna subir un échec au niveau de la justice.
Rachidi Mabandu Mikondo





