Dans une vidéoconférence depuis Bukavu lors d’une session de la commission droits de l’homme du Parlement européen, Dr Denis Mukwege explique pourquoi les violences ne cessent de perdurer dans la partie Est de la RDC. Pour ce prix Nobel pour la paix, « c’est parce que les bourreaux d’hier se cachent encore au sein des armées et des institutions de la RDC et des pays de la région ».
D’où son appelle à la création d’un Tribunal pénal international « qui puissent juger non seulement les crimes des deux guerres, mais que son mandat s’étende jusqu’à aujourd’hui ». « Le manque de volonté politique et la realpolitik ont trop longtemps primé sur le besoin et la soif de justice et de vérité. C’est dans ce contexte que les massacres se poursuivent. Cette situation qui fait honte à notre humanité commune ne peut plus durer », a fait savoir le responsable de l’hôpital de Panzi.
Devant le Parlement européen, Denis Mukwege tonne contre le manque de justice pour les crimes en RDC. Et malgré les menaces de mort dont il est victime depuis un certain temps, il est loin d’être découragé et n’en démord pas. « Sans juger les crimes du passé, les violations des droits de l’homme vont continuer de se multiplier dans mon pays », prévient Mukwege tout en insistant sur la gravité de la situation des droits humains.
Dr Denis Mukwege se réfère aux chiffres du dernier rapport publié par le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme de l’ONU sur les six premiers mois de l’année. « En moyenne, huit civils sont tués chaque jour dans le cadre des conflits, c’est énorme. Et bien souvent, ce sont les femmes et les enfants qui sont les principales victimes. Jour après jour, mois après mois, année après année, de nouvelles violations des droits humains sont documentées, rapportées et analysées ».
Toutefois, Denis Mukwege salue l’initiative de Félix Tshisekedi qu’il qualifie d’ « homme politique sans lien avec les crimes du passé », d’avoir opté pour la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle. Mais début août, le chef de l’État s’était plaint du peu d’avancées sur ce projet à l’étude au niveau du gouvernement, soutient-il.
Rachidi Mabandu





