Fin d’une saga judiciaire qui a eu le mérite de défrayer la chronique tant l’affaire de sextape a mis au devant de la scène non pas seulement un célèbre artiste musicien, mais un pasteur de renom à la tête d’une des principales églises de réveil de la capitale congolaise, « Cité Bethel ». C’est une correspondance émanant du Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe envoyée le lundi 5 octobre à l’avocat de l’ « homme de Dieu » qui met fin aux initiatives judiciaires d’Elianne Bafeno, l’accusatrice.
Dans cette correspondance, lit-on, la justice répond, au fait, à Me Harris Kalambaie, avocat du pasteur de l’église « Cité Bethel » à la suite réservée à l’ « affaire Moïse Mbiye wa Mbiye contre Kitoko Bafeno Elianne. La justice, par voix du Procureur général Bonheur Luntaka Madi, « informe que le dossier judiciaire ouvert à mon office à charge de M. Moïse Mbiye wa Mbiye a été classé sans suite le 30 septembre faute des preuves ».
Moïse Mbiye a été au centre d’une plainte déposée par l’une de ses ex-fidèles et collaboratrice, Éliane Bafeno, 20 ans pour viol et avortement. La plainte pour avortement a été confirmée par le Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe. Cette institution avait également évoqué une autre plainte pour diffusion sur les réseaux sociaux « d’images obscènes portant atteinte à la dignité de Mme Éliane Bafeno ».
L’avocat qui avait déposé la plainte, Justin Lunanga, a été blessé par balles le 26 janvier, avait indiqué son cabinet. « C’est inacceptable parce que nous sommes en démocratie », avait protesté le ministre des Droits humains André Lite sur la radio onusienne Okapi.
Toujours dans cette affaire, deux ex-musiciens du pasteur Moïse Mbiye ont été mis également en détention pour « diffamation au préjudice du pasteur Moïse Mbiye ». La police avait affirmé devant la presse qu’ils étaient « en possession de différentes vidéos compromettantes pour le pasteur Mbiye ». Ce qu’a nié leur avocat.
Tout au long de cette saga judiciaire, Moïse Mbiye n’a jamais eu à faire allusion directe à l’affaire, sauf à interpréter ses paraboles bibliques. « Parfois, Dieu ne frappe pas dans le camp de tes adversaires car il a des âmes à sauver », avait-il laissé entendre lors de l’une de ses rares apparitions. « J’ai commencé mon ministère dans le vent et la tempête, le diable n’a pas arrêté de me combattre. Et j’ai grandi dans le vent », tentait-il de convaincre devant la chaire à « Cité Bethel ».
Une prédication bien choisie qui a fait que les fidèles de son église fassent bloc derrière leur berger. « La justice humaine va laver notre pasteur, puis la justice divine va frapper ces ex-collaborateurs à l’origine de ce complot inspiré par la haine et la jalousie », pouvait-on entendre dans les milieux de membres de « Cité Bethel ».
Rachidi Mabandu





