Le torchon brûle entre les agents du ministère des Mines. L’uniformisation du taux de la prime dite de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) imposée par le Ministre Willy Kitobo dans sa lettre du 2 novembre 2020 au secrétaire ne trouve pas un écho favorable auprès d’une grande majorité des fonctionnaires dudit ministère. En témoigne le tollé général provoqué lors de l’assemblée générale convoquée le mercredi 17 février par l’Intersyndicale de l’administration centrale.
Les agents des Mines refusent de percevoir la « prime DGRAD » en conformité avec la lettre du ministre. Pour eux, l’uniformisation du taux de la prime entre les agents de la Division urbaine et ceux de l’administration centrale « n’a pas de valeur juridique en soi ». Ils ont exprimé leur ras-le-bol au cours de l’assemblée générale organisée par l’Intersyndicale de l’administration centrale. Cette structure, compte tenu de la Covid-19, est passée dans toutes les structures pour recueillir les avis des agents sur la décision du ministre.
Au secrétariat général, aux Directions des Mines, carrières, hygiène et santé, géologie, DPEM et métallurgie tout comme à la Direction étude et planification (DEP), le même chorus : les agents veulent à ce que les textes en la matière soient appliqués.
« La décision du ministre n’a aucun soubassement légal », expliquent les agents prêts à saisir les juridictions compétentes y compris la Présidence de la République. Ils se sentent floués menacent même de descendre dans la rue pour rentrer dans leur droit.
Séance tenante, le président de l’Intersyndicale de l’administration des Mines a fait comprendre aux agents toutes les démarches entreprises pour obtenir l’annulation simple de la correspondance du ministre des Mines.
« Nous avons vu le secrétaire général. Ce dernier nous a dit que tant que le ministre n’abroge pas sa correspondance, il va appliquer l’uniformisation de la prime DGRAD », a dit le porte-parole de l’Intersyndicale.
« Néanmoins, a-t-il reconnu, nous avons tenté en vain de rencontrer le ministre Kitobo, mais nous avons pris le soin de voir la vice-ministre qui nous a rassuré de transmettre le message à son titulaire ».
De l’avis de la majorité des agents aux Mines en assemblée générale, mardi 16 février, « le fait que l’argent devant servir à la paie du mois de novembre soit rendu disponible alors cette question n’a pas été résolue, cela veut dire qu’on veut nous placer devant un fait ». Une poignée des agents se proposent de toucher la prime tout en appelant les syndicalistes à poursuivre avec la démarche pour obtenir l’annulation de l’uniformisation de la prime voulue par le ministre. D’autres, par contre, refusent carrément de toucher l’argent qui se trouve déjà aux mains des agents payeurs. Une manière pour eux de faire pression sur les décideurs « quel qu’en soit le prix ».
Un protocole d’accord signé entre les différentes parties accorde 6 % réservés à la prime DGRAD octroyés aux services du ministère des Mines. Selon la répartition, 2 % proviennent du cabinet du ministre, 2 % du fonctionnement du secrétariat général et 2 % de l’enveloppe de l’administration centrale.
« Accord de protocole qui serait signé et accepté par toutes les parties par solidarité à la Division urbaine de Kinshasa », affirment les syndicalistes.
Rachidi Mabandu





