Clôture mois de la femme : « Nous devons briser la glace, les murs de séparation, les préjugés sociaux et la stigmatisation » (Nathalie Bul’An’Sung)

 

Nathalie Bul’An’Sung est une femme leader, originaire de la province du Kwango dans l’ex-Bandundu. Elle vient d’être élue au bureau de la chambre haute du parlement congolais en plein mois dédié aux droits de la femme.

Dans une interview exclusive accordée à ACTU7.CD, le média en ligne non-aligné, dans le cadre de la clôture du mois de la femme, la Sénatrice élue du Kwango qui a été reçue par la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, le 8 février dernier dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme, appelle les femmes à se serrer les coudes afin que leur situation change. Tout en saluant l’intérêt que le Chef de l’État Félix Tshisekedi accorde à la gente féminine, Nathalie Bul’An’Sung appelle les autorités à soutenir les efforts de l’autonomisation et de l’amélioration des conditions de vie de la femme.

ACTU7.CD : Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs de ACTU7.CD qui vous lisent ?


NB : Je suis Nathalie Bul’an’sung Sanata. Je suis mariée et mère de 3 enfants, sénatrice élue du Kwango, Rapporteur Adjoint du sénat, femme entrepreneure, actrice du développement et Présidente de la Fondation Nathalie Bul’an’sung (FONABU).

ACTU7.CD : Vous êtes Rapporteur Adjoint du Sénat qui vient de démarrer les travaux de la session ordinaire de mars. Quelle est votre impression sur les premiers jours de votre mandat au Bureau de la chambre haute?

NB : Devant ce mandat, je mesure le poids de la responsabilité, le devoir d’un travail dans les normes et relever les défis dans la prestation des services attendus par la Nation et la population devant qui je suis redevable.

ACTU7.CD : Le mois de mars touche déjà à sa fin. Quels sont les souvenirs que vous garderez de ce mois en rapport avec la lutte pour le leadership féminin ?

NB : Certes le parcours est long, beaucoup de choses ont été réalisées, un pas est franchi, ce dont nous remercions les parties prenantes à cette lutte. Nous en avons longuement discuté avec la Première Dame à l’occasion de la célébration de la journée du 08 Mars. Nous nous serrons les coudes afin que les choses changent. Bravo à elle et à S.E Félix Tshisekedi qui ses interventions ne cesse de rappeler cette donne. Tandis que beaucoup reste à faire. Ma joie est double d’être élue membre du bureau du sénat au mois de la femme et d’avoir dans la mesure du possible oeuvré pour l’amélioration des conditions de nos mamans surtout dans les milieux ruraux, spécialement les mamans du Kwango et de Popokabaka.

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ACTU7.CD : Quelles leçons tirez-vous de la célébration de ce mois de mars 2021 pour votre lutte en tant que femme leader?

NB : Merci beaucoup de la question, je tire deux leçons. La première, c’est que nous devons éviter de tomber dans la routine qui consiste à faire porter des pagnes aux mamans en ce mois et oublier leurs droits à la suite. La seconde leçon, est celle fondée sur l’espoir car tout est possible à la femme qui croit. Demain sera encore meilleur qu’aujourd’hui.

ACTU7.CD : Le combat des femmes leaders est plus souvent centré sur la parité que l’amélioration des conditions de vie de la femme. Quel est votre commentaire ?

NB : Je serai satisfaite quand ce slogan deviendra une réalité. Que la situation de la fille et de toute femme change positivement. C’est ce qui m’intéresse.

ACTU7.CD : Pourquoi ce combat se limite souvent à une certaine élite de la junte féminine et que faut-il faire pour impliquer la femme rurale dans la lutte que vous menez ?

NB : Cet état de choses m’a motivé à créer un cadre, la Fondation Nathalie Bul’an’sung (FONABU) pour encadrer et canaliser les intérêts de la femme surtout celles vulnérables, victimes de beaucoup d’abus, celles qui luttent pour la survie des ménages, ces femmes héroïnes sur qui repose tout le poids de la famille. Ma structure prône et travaille jour et nuit pour leur autonomisation. Des actions importantes sont menées à la capitale et à l’intérieur des provinces.

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ACTU7.CD : Quelles sont les obstacles à franchir en RDC sur la route de l’émancipation de la femme et comment y parvenir?

NB : Nous devons briser la glace, les murs de séparation, les préjugés sociaux et la stigmatisation. Ce n’est pas facile mais ce n’est pas impossible non plus.

ACTU7.CD : La formation du gouvernement de l’Union Sacrée est imminente. Qu’attendez-vous du Chef de l’État Félix Tshisekedi et du Premier Ministre Sama Lukonde ?

NB : Dans nos pourparlers au sein et en dehors des institutions, nous militons pour que la constitution soit respectée. Ce n’est pas un cadeau offert à la femme par miséricorde mais plutôt un droit.
Je suis convaincue que les autorités y donnent une grande importance.

ACTU7.CD : Si c’était à refaire, que voudriez-vous être ?

NB : Aaah! Si c’était à refaire, je serai toujours fière d’être femme qui apporte le sourire, l’espoir aux autres.

ACTU7.CD : Quelles sont les perspectives d’avenir de la Sénatrice Nathalie Bul’an’sung ?

NB : Mes perspectives sont celles de servir le peuple et la Nation où que la providence divine en décidera.

ACTU7.CD : Et, pourquoi Popokabaka, votre fief naturel vous appelle la Moïsette?

NB : Elles sont les mieux placées pour vous répondre. Je pense que vous êtes chrétien, vous connaissez l’histoire de la Bible. Nous travaillons pour soulager tant peu la misère que Pharaon a imposée sur l’humanité et particulièrement sur les femmes.

ACTU7.CD : Merci beaucoup Madame la Sénatrice de cette opportunité.

NB : C’est à moi de vous remercier!

Interview réalisée par Josué Mfutila

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