WiFi gratuit dans les universités : « C’est une idée merveilleuse qui ne peut réussir que lorsque les préalables sont remplis » (Yves Mpunga)

 

Le Professeur Yves Mpunga encourage l’installation du WiFi gratuit dans les universités de la République Démocratique du Congo (RDC), comme le préconise le ministère des PTNTIC (Postes, Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), à travers le projet RAM (Registre des Appareils Mobiles). Se confiant à ACTU7.CD, l’ancien candidat président de la République [numéro 17] en 2018, conseille tout de même que « cette idée merveilleuse » ne devrait pas se faire « dans la précipitation, car elle nécessite des préalables à remplir ».

« (…) L’Angola a installé le WiFi gratuit dans toutes les universités entre 2007 et 2008. Ça signifie que la RDC est en retard par rapport à plusieurs pays du continent. L’installation du WiFi gratuit nécessite des préalables à remplir : Il faut commencer par installer un centre informatique au sein de l’université, le doter d’un serveur puissant avec internet de fibre optique pour prendre en charge toutes les opérations des utilisateurs », suggère « cet expert en sécurité internet » dans une mise au point transmise au média en ligne non-aligné.

Le ministère des PTNTIC a déjà expérimenté la première phase de ce projet en installant le WiFi gratuit, fruit du Registre des appareils mobiles (RAM) à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), choisie comme zone pilote de ce projet.

« L’UNIKIN a plus de 30.000 étudiants. Chacun effectue les opérations internet selon ses besoins. Avec quel débit d’internet la connexion d’Orange ou de Vodacom ou autres va prendre en charge les opérations des utilisateurs ? À la place, installer internet à l’aide de fibre optique qui a une bande passante très puissante pour le fonctionnement de tous les services de téléchargement », propose-t-il.

Interdiction vente des syllabus au profit du WiFi gratuit

Yves Mpunga s’oppose à la mesure portant interdiction de la vente des syllabus suite à l’installation prochaine du WiFi gratuit dans les établissements universitaires, comme annoncé dernièrement par le Chef de l’État Félix Tshisekedi devant les étudiants de l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa. Pour lui, il faut plutôt améliorer le social des professeurs.

« Tout professeur est censé émettre un document pour permettre à l’étudiant de connaître le point de vue de l’enseignant sur la matière qu’il dispense. Mais partout dans le monde, tout paiement d’un document non reconnu par le secrétariat académique est une corruption [le cas des syllabus]. Ailleurs, les professeurs sont licencés à cause de ça. Pour l’éviter, il faut bien rémunérér un enseignant. Moi, j’avais un salaire de 4000 USD dans une université où je donnais cours cinq fois par mois. Certains de mes collègues qui y étaient à temps plein, recevaient 15.000, 18.000 USD de salaire », raconte cet ancien professeur à l’Université catholique d’Angola.

Il appelle donc le ministère de l’ESU (Enseignement Supérieur et Universitaire) à mettre en place une technique de rémunération des professeurs.

« Ne soyez pas là, cher ministre, juste pour condamner la vente des syllabus. Avec quel taux de change payez-vous les professeurs congolais ? C’est ainsi qu’ils [les professeurs] ont toujours voulu compenser cette dévaluation à la vente des syllabus. Il faut un bon salaire pour les enseignants », conseille Yves Mpunga.

Ancien candidat à la présidentielle de 2018 en RDC, scientifique et chercheur à l’Université Trás-os-Montes e Alto Douro (UTAD) au Portugal, Yves Mpunga traduit sa disponibilité à travailler pour le développement et l’émergence de sa mère patrie, la RDC.

« (…) Ce n’est plus le moment de parler politique. Il faut maintenant parler développement. J’ai été candidat président de la République, pas pour observer mon pays qui va de tâtonnement en tâtonnements. Le Président de la République Félix Tshisekedi a des idées géniales pour le pays. Mais avec qui travaille-t-il », s’interroge cet acteur politique, avant de conclure, qu' »il faut mettre la personne qu’il faut à la place qu’il faut ».

« Il y a des pays qui nous font appel pour qu’on leur donne des stratégies en développement. Chers ministres, arrêtez de nommer vos oncles, neveux (…) dans vos cabinets. Le pays ne décolle pas à cause des amateurs que vous nommez à des postes stratégiques. Faites appel aux anciens candidats qui veulent vous aider », lance-t-il.

Josué Mfutila

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