17 mai 1997: le jour où Kinshasa tombait officiellement entre les mains de l’AFDL

 

À la veille du 17 mai 1997, Kinshasa se réveilla avec la peur au ventre. Les Kinois redoutaient la bataille annoncée entre les Forces armées zaïroises (FAZ) et l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une rébellion partie de l’Est du pays, soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, dirigé par un maquisard de longue date, Laurent-Désiré Kabila.

Ce jour-là, les rebelles ne sont plus qu’à quelques kilomètres de Kinshasa. Dans la capitale congolaise, les avis divergent. Certains espèrent que les FAZ vont défendre la ville, d’autres par contre soutiennent que les rebelles y entrerons sans coup férir.

Le même jour, une nouvelle tragédie se noue. Plus personnelle, mais tout aussi politique. Au petit matin, une escorte pléthorique quitte le Camp Tshatshi et fonce vers l’aéroport de Ndjili. Le maréchal Mobutu, maître incontesté du Zaïre, embarque dans un avion. Direction, l’Équateur plus précisément dans son fief de Gbadolite. Ce départ est le synonyme de la fin d’un règne sans partage et absolu de trente-deux (32) ans de celui qui était surnommé Léopard à la tête du Zaïre.

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Un jour après le départ de Mobutu, donc le 17 mai 1997, sans aucune hostilité avec les FAZ, l’AFDL s’empare « tranquillement » de la capitale Kinshasa sans qu’il ait bain de sang.

Ce mouvement rebelle pénètre dans la capitale congolaise, sous le commandement d’un chef militaire rwandais, James Kabarebe qui fut l’aide de camp de Paul Kagame en 1994 pendant le génocide Rwandais avant de devenir le chef d’État-major des Forces armées congolaises (FAC).

Kinshasa bruisse désormais de son de milliers de bottes en caoutchouc, celles de rebelles surnommées Kadogos. Les États-Unis, grands parrains de cette rébellion, ont demandé que les hommes de Laurent-Désiré Kabila n’entrent dans la capitale qu’après le départ de Mobutu, pour éviter toute désescalade de conflit.

Pour cet instant-là, nombreux étaient les Kinois à sortir pour acclamer les  » libérateurs ». Partout, les rebelles sont applaudis. On entonne des chants à leur gloire. L’accueil est chaleureux et triomphal par endroits. On brûle toutes les effigies de l’ancien Président. À la hauteur du soulagement sans doute, les violence vont épargner Kinshasa, cette fois-ci.

En milieu d’après-midi, Kinshasa tombe officiellement entre les mains des rebelles, leur arrivée dans la capitale clôt un périple de huit mois, durant lesquel ils ont traversé le pays d’Est en Ouest, en parcourant des kilomètres à pieds.

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Depuis Gbadolite où il s’est réfugié, Mobutu assiste impuissant aux événements. Le 17 mai, il se résigne, la mort dans l’âme, à quitter le pays pour Lomé, capitale du Togo.

Avant que son appareil décolle du tarmac de l’aéroport, des soldats qui jadis étaient acquis à sa cause, en proie à un sentiment d’abandon, tirent sur l’avion du léopard pour tenter de le clouer, mais en vain. Celui qui a régné sans partage et d’une main de fer sur le pays, durant plus de trois (3) décennies, va réussir à partir. Son destin l’attend au Maroc où il va tirer sa révérence au mois de septembre de la même année.

Gbadolite qui pleure, Lubumbashi qui rit. Ce même jour, dans l’ex province du Katanga, Laurent-Désiré Kabila transforme l’AFDL en organe de gestion du pouvoir, rebaptise le Zaïre en République Démocratique du Congo (RDC) et s’autoproclame defacto Président de cette nouvelle République.

Osée Mfumfu

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