Affaire des cartes Visa prépayées par le Trésor public : les mensonges de Sele Yalaghuli

 

Premier à sortir du bois après la dénonciation de l’Inspection générale des Finances (IGF) sur l’utilisation abusive des cartes Visa prépayées par le Trésor public, Sele Yalaghuli profère des mensonges en lieu et place d’expliquer aux Congolais comment certains dignitaires du régime Kabila ont pu bénéficier de tels avantages. L’ancien ministre des Finances a tenté en vain, à travers son service de communication, de contredire les enquêteurs et rate donc une occasion de se taire.

Cité parmi les huit personnalités bénéficiaires des cartes Visa prépayées par l’argent du contribuable congoais, Sele Yalaghuli soutient qu’il s’agit d’une pratique qui date de l’époque coloniale. Or, les enquêteurs de l’IGF certifient bien que ce système n’a été introduit qu’il y a quelques années. Le cabinet Alingete évoque l’année 2013 alors que Matata Ponyo était encore Premier ministre.

Les ministres bénéficiaires de ces cartes sont, selon Sele Yalaghuli, en ordre d’importance, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Coopération, le ministre des Finances mais aussi le Gouverneur de la BCC. Les deux premiers sur le plan politique et diplomatique, les deux seconds du point de vue des finances et économique. Ainsi, les personnalités qui occupent ces fonctions sont appelées à effectuer des réguliers et fréquents déplacements à l’étranger pour des missions officielles. À cet effet et pour parer au plus pressé, des cartes prépayées avec des montants précis oscillant entre 20 et 40.000 USD mensuels leurs sont données.

Et pourtant, ce qui n’a pas été le cas. Plusieurs personnalités du régime Kabila se sont octroyées ces cartes Visa prépayées par le Trésor public alors qu’elles n’avaient pas les fonctions énumérées par l’ancien argentier national. Le cas de Kikaya Bin Karubi, proche collaborateur de l’ancien Président de la République. Ce que Sele Yalaghuli refuse d’admettre est qu’il profitait de ces us et coutumes appliqués de par le monde pour faire faveur à ses amis du pouvoir. Peut-être avec une injonction venue d’en haut.

Dans sa réplique, la cellule de communication de Sele Yalaghuli soutient que « ces cartes sont prépayées par la BCC et ne sont pas liées au compte général du trésor, comme certains arguent. Elles sont acquises par la BCC en laissant des provisions auprès de Rawbank ». Encore une contradiction notoire de la part d’un ancien ministre des Finances. Pourquoi condamne-t-il l’IGF qui parle des cartes prépayées par le Trésor public ? Les fonds logés à la BCC appartiennent-ils à un individu ou au peuple congolais ? Sele Yalaghuli entretient un flou pour une affaire teintée des magouilles.

Les attaques de l’ancien ministre contre l’IGF s’avèrent donc inefficaces au vu de l’argumentaire de défense offert par sa cellule de communication. L’État de droit, c’est aussi la transparence dans la gestion des deniers publics. C’est le principe sacro saint de l’équipe Alingete. Un leitmotiv de l’IGF qui accorde, au moins, de permettre aux Congolais à qui l’argent du pays appartient, de comprendre comment le Trésor public a été saigné par le régime du pouvoir sortant.

Rachidi Mabandu

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