Liberté de presse en danger : Israël Mutombo dans le viseur des prédateurs des deniers publics

 

Le journaliste Israël Mutombo est dans le viseur des prédateurs des deniers publics. C’est depuis le mardi 8 juin que deux personnalités de l’ancien régime Kabila ont attaqué l’animateur de l’émission « Bosolo na politik » en justice. Et pour cause, Kikaya Bin Karubi, le conseiller de l’ancien Président de la République en matière diplomatique et Sele Yalaghuli, ancien ministre des Finances accusent le journaliste de « diffamation » dans le dossier sur les cartes VISA liées au compte du Trésor public dénoncé par l’Inspection générale des finances (IFG).

Le seul pêché d’Israël Mutombo, c’est de citer les noms de ces deux dignitaires du régime Kabila alors que l’IGF ne reconnaît pas la liste des détenteurs des cartes VISA liées au compte du Trésor qui circule sur les réseaux sociaux. Et pourtant, en bon journaliste, l’animateur de « Bosolo na politik », est allé au-delà de la simple annonce du cabinet Alingete. Mieux, Israël Mutombo ne s’est pas seulement contenté de l’information. Il a fouiné grâce à ses sources pour découvrir les détenteurs desdites cartes bien que cela ne soit pas officiel.

A l’heure de la technologie de pointe, il est hasardeux d’empêcher ou de refuser à un journaliste de mener ses propres enquêtes. Cela astreint même la liberté de la presse. La démarche, s’il en serait une, Kikaya et Yalaghuli devraient plutôt, après les déclarations d’Israël Mutombo, démontrer à l’opinion leur innocence. C’est ce qu’ils sont en train de faire d’ailleurs. Les deux ont saisi la Rawbank à qui ils sollicitent déjà les relevés des comptes sur les cartes VISA qu’ils détenaient alors qu’ils étaient encore en fonction.

Dans cette affaire, Israël Mutombo ne serait fautif que si et seulement il s’avérait que les deux personnes précitées ne seraient pas parmi les détenteurs des cartes VISA liées au compte du Trésor public. Or, Sele Yalaghuli, dans sa réplique après l’annonce par l’IFG, n’a pas du tout nié. L’ancien argentier national a d’ailleurs reconnu qu’il s’agissait d’une pratique datant de l’indépendance du pays. L’ex-ministre des Finances a même cité les personnes qualifiées à détenir les cartes en question. Alors qu’est-ce qu’il rapprocherait à ce journaliste ?

Face à ces deux plaintes contre Israël Mutombo, les femmes et hommes de médias ainsi que différentes corporations de la presse devraient se liguer contre les prédateurs des deniers publics. S’il appartient aux politiciens de gérer la chose publique, il appartient également à la presse de dénoncer les différents abus dans leur gestion. Évidemment ces dénonciations doivent suivre la règle de la déontologie professionnelle.

Rachidi Mabandu

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