Il a fallut attendre la pression et la clameur publique pour que l’Assemblée nationale se prononce sur la controverse affaire des 500 jeeps de marque SUV pimpant neuves destinées aux députés nationaux. C’est à travers son service de communication que le speaker de la Chambre basse du Parlement est sorti du bois par le biais d’un communiqué dans lequel le bureau Mboso ne se soucie pas de la polémique soulevée, mais dit plutôt ne pas comprendre la réaction des certains élus par rapport à cette affaire.
A travers cette « mise au point sur l’affaire jeeps des députés nationaux », le bureau Mboso considère qu’il s’agit « encore d’un cas de mauvaise foi de la part de certains députés mal intentionnés ». « La cellule de communication de l’Assemblée nationale dénonce une fois de plus, la mauvaise foi d’une certaine classe politique en mal de positionnement qui cherche à soulever des vagues de vent, même quand le temps et l’occasion ne s’y prêtent pas », écrit-t-on dans le communiqué.
« Si l’actuelle dotation est basée sur la corruption des députés nationaux de l’Union sacrée de la nation, devrions-nous conclure que la famille politique du chef de l’Etat compte 500 députés nationaux ? », s’interroge le bureau Mboso. Là où le bas blesse, ce que l’ancien dignitaire du régime Mobutu oublie que, deux ou trois jours avant l’arrivée du premier lot de ces jeeps à Boma, Mboso, réunissant les députés de son bord politique, a clairement promis que l’Union sacrée ne vas pas procéder comme le FCC promettant que « nous allons penser à tout le monde y compris nos amis de l’opposition ».
La cellule de communication de Mboso affirme que « les 500 véhicules ont été commandés par l’Assemblée nationale et tous les députés nationaux en seront bénéficiaires et ce, suivant les us et coutumes sur une gestion orthodoxe de la chose publique. Et les preuves sont disponibles pour en témoigner ». Trop beau pour être vrai. Autant dire que la Représentation nationale a, cette fois-ci, fait les choses autrement ? Dans les législatures antérieures, le dossier lié à la dotation des jeeps a toujours fait objet des débats à l’interne. Il se crée même une commission chargée à engager un soumissionnaire et l’opinion a été toujours au courant de ce qui se passe.
Et comment Mboso peut-il affirmer qu’il détient les preuves alors que certains députés joints par ACTU7.CD disent ne pas être au courant de la situation. Tel est le cas d’un élu de la ville de Kikwit qui a recquis l’anonymat. Le cabinet Mboso ne se rend pas compte qu’il cite indirectement le Président de la République dans une affaire où il n’est pas « impliqué ». Comment, purée, sa cellule de communication peut-il affirmer que « les députés nationaux membres de l’Union Sacrée de la Nation accompagneront sans relâche les initiatives salvatrices du Président de la République au profit de son peuple, nonobstant les atermoiements des politiciens véreux habitués dans la loi de l’omerta ». Il y a anguille sous roche.
Il est vrai que depuis deux législatures, les députés nationaux ont toujours bénéficié des moyens de locomotion. Cette pratique était-elle une façon de corrompre les élus du peuple? Bien sur que non. Mais quand il s’agit d’une « dotation » provenant de la personne censée être sous contrôle de l’Assemblée nationale, cela frise la morale. Comme quoi, on saurait contrôler la main qui vous nourrit. Mboso, en tant que numéro un des députés nationaux, devrait s’abstenir des pratiques qui limitent le champ des manoeuvres de ses collègues, conclut un élu.
Rachidi Mabandu





