Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC) devra s’exprimer, ce lundi 13 décembre 2021, devant les deux (2) chambres du parlement réunies en congrès. Dans cette adresse, Félix Tshisekedi fera l’état de lieu du pays dont certaines provinces sont toujours en proie à l’insécurité.
Dans la province de l’Ituri, sous état de siège depuis mai dernier, nombreux habitants s’attendent à ce que le Chef de l’État s’exprime sur la persistance de l’insécurité dans cette entité et le sort de l’état de siège.
Pour le Professeur Jefferson Abdallah, ancien gouverneur de l’Ituri, le Président de la République devra annoncer des « mesures claires » pour la pacification de l’est du pays et l’amélioration des conditions socio-économiques des populations.
(…) En principe, c’est son avant-dernier message à la nation devant ou à travers le congrès. Personnellement, j’attends qu’il annonce des mesures claires sur la pacification de l’Est, des assurances sur l’organisation des élections dans le délai, sur l’amélioration du social des congolais », a-t-il indiqué au cours d’un entretien avec ACTU7.CD.
Cette attente est aussi exprimée par Christophe Mayao, « jeune leader » de la chefferie de Babila Babombi, à Mambasa. Ce « jeune leader » appelle le Président de la République à « recontextualiser l’état de siège » en ordonnant un relèvement des troupes ayant longtemps servi dans la province de l’Ituri.
« (…) Le président peut nous aider à harmoniser la praticabilité de l’état de siège par le système défensif que offensif, remettre la gestion des opérations en Ituri aux autorités ituriennes, remplacer tous les militaires qui ont été dans la zone depuis le début des opérations pour bien collaborer avec UPDF dans l’opération conjointe », propose-t-il.
Les activistes de droits humains, eux, s’attendent à ce que le Chef de l’Etat brosse la situation des droits humains dans les provinces sous état de siège. La question de dépassement budgétaire et la présence de l’armée ougandaise sur le sol congolais devront également figurer dans l’adresse du Président Félix Tshisekedi.
« (…) Nous attendons qu’il fasse un bilan sincère de l’état de siège et de la situation des droits de l’homme dans la partie Est de notre pays,
Plus nous voulons attendre le chef invoqué la question de dépassement budgétaire par le gouvernement central (…) nous serons aussi intéressé d’écouter le Chef de l’Etat invoquer la question DDRC-S (…) nous ne voulons pas cette fois-ci un discours qui présente des voeux du Chef (…) qu’il nous partage les contours des points saillants comme l’entrée de l’armée ougandaise (…) », suggère Maître Dieudonné Butembezi, avocat au barreau de l’Ituri et chef d’antenne de la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH).
Brossant le tableau économique jugé sombre, Josué Ukelo, agent de l’Etat au service des mines, vivant dans le territoire de Djugu, attend que le Président de la République annonce un ramaniement ministériel. Pour lui, Félix Tshisekedi doit nommer des personnes qui connaissent les réalités du Congo profond et non celles issues de la diaspora.
« (…) Pour nous, la paix nous suffit même si ça sera donné par quel moyen (…) Parlant de son bilan, le taux de dollars a tout gâté, car il ne chute pas, son échec vient de la diaspora que lui-même a amenée. S’il remaniait le Gouvernement et nommait des conseillers (…) qui connaissent la souffrance de leurs bases, tout ira bien », pense-t-il.
Le discours du Président Félix Tshisekedi de ce lundi 13 décembre 2021 intervient deux (2) jours avant la clôture de la session de septembre. Ce sera le troisième discours du genre de Félix Tshisekedi depuis son accession à la magistrature suprême. Une adresse qui intervient dans un contexte d’insécurité généralisée dans la partie est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Andy Kambale Matuku





