Ituri : À Parana, les enfants « passent leurs week-end dans les mines d’or » (Reportage)

 

Face à la précarité de la vie, les enfants de plusieurs coins de la République Démocratique du Congo (RDC) sont obligés de travailler dans des conditions difficiles. C’est le cas des enfants au village Parana, à près de vingt (20) kilomètres à l’ouest de Mambasa, dans la chefferie de Babila Babombi, dans la province de l’Ituri.

Cedric, Patrick, Omar et Husseni sont des amis très proches âgés tous de moins de quinze (15) ans. Comme d’habitude, ils se sont donnés rendez-vous ce samedi 19 et dimanche 20 février 2022, dans une zone marécageuse abandonnée par les creuseurs artisanaux de l’or.

« (…) Chaque samedi et dimanche, nous devons chercher de l’or (…) Nous fréquentons les trous laissés par les grands frères (…) », fait savoir Cédric, 14 ans et élève de 7ème année.


À en croire les témoignages de ces enfants, ce sont les « conditions de vie difficiles » de leurs parents qui les poussent à faire ce travail. Avec leur revenu, ils parviennent à soutenir financièrement leurs familles et se payer les études.

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« (…) La vie de nos parents est difficile. C’est pourquoi nous devons les aider. Nous sommes ici et ce que nous gagnons, nous le remettons à nos parents. Ils achètent les habits et nous paient les frais scolaires (…) » , explique Omar, depuis un trou de plus d’un mètre de profondeur.

Patrick et Husseni s’affairent à « nettoyer » le sable dégagé par Omar. C’est Cédric qui les aide et les guide « vue son expérience en la matière » . Il indique que ses parents ne s’opposent pas à leur travail, car ils « reviennent rarement les mains vides » .

« (…) Dans un premier temps, les parents ne nous laissaient pas travailler, mais comme on revient toujours avec l’argent, maintenant ils ne parlent plus. Ils sont contents à cause de l’argent que nous gagnons (…) » , explique-t-il.

Conscients des risques que ce travail présente pour eux, les quatre (4) enfants ont indiqué vouloir se consacrer à leurs études. « Mais ce sont les conditions de la vie » de leurs parents qui les « découragent » . Sollicités par ACTU7.CD, les parents de ces enfants n’ont pas donné suite à nos demandes d’interviews.

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En attendant que les services habilités se penchent sur cette situation, les enfants de Parana continuent à être exposés aux risques que présente l’orpaillage dans des sites abandonnés…

Andy Kambale Matuku, à Mambasa

 

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