Ituri : Plus de 30 mille déplacés sans assistance à Mambasa

 

Depuis mai 2022, des déplacés venant aussi bien de villages du territoire d’Irumu et des plusieurs agglomérations du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, affluent dans la cité de Mambasa. Estimées à plus de trente (30) mille, ces personnes sont sans assistance.

D’après le responsable du service des affaires sociales, la plupart de ces personnes sont regroupées dans treize (13) camps de fortune. Elles manquent de tout : abris, couvertes, médicaments, nourritures et n’ont pas accès aux installations sanitaires. Ce qui fait craindre l’apparition des maladies hydriques au sein de la communauté.

Cette même situation touche particulièrement le peuple autochtone pygmée. Dans la chefferie voisine de Babila Bakwanza, on assiste à des cas de décès communautaire parmi ces populations vulnérables. Marcel Maneno, responsable des affaires sociales dans cette entité plaide pour le retour de la paix dans les zones affectées afin de permettre le retour à la vie normale des pygmées.


« (…) De notre côté en tant que service étatique, nous les avons identifiés, chercher à connaître leurs besoins afin de les canaliser à qui de droit. Nous continuons à assister à leurs misères, mais nous n’avons pas quoi leur donner parce que nous sommes aussi démunis. Le peuple pygmée voudrait retourner dans leur milieu naturel. C’est pourquoi nous demandons au Gouvernement congolais de rétablir le plus vite possible la paix dans leurs milieux d’origine pour que ces derniers puissent vivre tel qu’ils vivaient avant la guerre. Nous demandons aux ONG nationales, internationales et au Gouvernement congolais de venir en aide à ce peuple qui souffre des affres de la guerre. Et que celui qui peut écouter cette voix et qu’il puisse venir appuyer tant soit peu », a-t-il plaidé au cours d’un entretien exclusif avec ACTU7.CD.

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Conscientes de cette situation, les organisations humanitaires présentes à Mambasa se sont réunies afin d’évaluer la situation sécuritaire et humanitaire, l’objectif étant de « relever les besoins prioritaires des déplacés et particulièrement les pygmées ».

« (…) Nous nous sommes réunis avec bien d’autres partenaires sous l’égide de OCHA. Cette réunion avait pour objectif notamment la situation humanitaire et les conditions dans lesquelles vivent les déplacés y compris les pygmées et on s’est tous rendu compte que les déplacés vivent dans les conditions très très déplorables. Il y a eu une étude multisectorielle d’évaluation menée par tous les partenaires pour essayer de révéler les besoins prioritaires de déplacés. Le rapport qui est en cours d’évaluation sera partagé aux partenaires éventuels qui pourraient appuyer les organisations oeuvrant à Mambasa (…) », explique Maître Edward Imiamudanga au micro ACTU7.CD.

Selon les deniers chiffres de ces organisations humanitaires, environ trente mille huit cent soixante-douze (30 872) déplacés sont arrivés à Mambasa depuis le début des atrocités sur l’axe routier Mambasa-Komanda. Au seul mois d’août, près 20 mille déplacés sont arrivés dans la cité de Mambasa. Certaines de ces personnes vulnérables sont concentrées dans treize (13) camps de fortune. Plusieurs autres sont hébergées dans des églises, écoles et autres édifices publics. Aucune assistance n’a été disponibilisée jusqu’à ce moment.

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Andy Kambale Matuku, à Mambasa

 

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