La justice française va désormais poursuivre Roger Lumbala, ancien député congolais, pour « complicité de crimes contre l’humanité » commis en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003.
La nouvelle a été rendue publique ce mercredi 8 novembre 2023 par quatre (4) organisations qui défendent les victimes dans cette affaire. D’après ces organisations, l’ordonnance de mise en accusation contre l’ancien chef de guerre retient également « l’entente en vue de commettre des crimes ». Pour ces organisations, cette mise en accusation est « un pas vers la justice pour les survivants d’atrocités de masse ».
Cette décision ouvre donc la voie au procès contre l’ancien président national du Rassemblement Congolais pour la Démocratie Nationale (RCD-N). Roger Lumbala Tshitenga a été arrêté à Paris en 2021. Son groupe armé et ses alliés avaient commis ces actes au cours de la triste opération « Effacez le tableau » menée contre les troupes du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, Mouvement de Libération (RCD-K/ML), une autre rébellion dirigée par Mbusa Nyamwisi, dans les territoires de Mambasa (Ituri) et Beni (Nord-Kivu).
« (…) Cette opération a été menée dans le but de prendre le contrôle des zones riches en ressources naturelles situées dans l’Est du pays (…) Lumbala est poursuivi pour avoir donné les ordres pour commettre des tortures et avoir aidé ou assisté les troupes (…) en fournissant le ravitaillement nécessaire (…) en laissant les combattants placés sous son autorité et son contrôle commettre ces crimes », écrivent Clooney Foundation for Justice, Justice Plus, Minority Rights Group et TRIAL International.
Dans le cadre de cette affaire, plusieurs victimes et autres témoins habitant le territoire de Mambasa (Ituri) ont effectué le déplacement à Paris pour faire leurs dépositions devant la justice française. Au cours de l’opération « Effacez le tableau », des cas d’anthropophagie ont été reportés à l’encontre des pygmées.
Andy Kambale Matuku





