Plusieurs congolais travaillant pour les entreprises chinoises qui exploitent de l’or dans les chefferies de Bombo et Bandaka, dans l’ouest du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, sont victimes des cas de violations de leurs droits par les expatriés chinois.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des employés et anciens employés de ces sociétés, les expatriés chinois n’ont aucun respect envers les congolais. Travaillant sans aucun contrat écrit, les congolais subissent le sort dicté parfois par le changement d’humeur de leurs patrons.
« (…) Dans les bases des chinois, les congolais ne représentent rien devant un chinois. D’abord, il n’y a pas de jour de congé et aussi pas de contrat. Si votre parent meurt, ils vous accordent deux jours et si un chinois ne t’aime pas, il peut se réveiller un jour et te renvoyer », témoigne un ancien employé sous anonymat.
La trentaine révolu, Michel (prénom d’emprunt) revient de la base des chinois située dans les parages de la cité de Niania. Il rencontre une scène où un expatrié chinois s’est amusé à jeter un congolais dans les eaux de la rivière Ituri.
« (…) Ces gens là… non… ! Un jour, j’ai assisté à une scène qui m’a choqué. Un compatriote buvait de l’eau tranquillement sur la rive d’Ituri. Le chinois s’est avancé et l’a poussé. Heureusement que notre frère était prudent et s’est agrippé sur les lianes. Il s’est retourné et a donné un bon coup de tête jusqu’à blesser ce chinois », indique-t-il.
Des chinois sont aussi accusés de négliger l’observance des règles d’hygiène. D’après nos sources, les compatriotes de Mao Tse Tung peuvent déféquer n’importe où, et cela peut importe s’ils sont vus par d’autres personnes.
Interrogé à ce sujet, un employé d’une des sociétés chinoises actives dans la zone, rejette catégoriquement ces allégations. Pour lui, tout congolais victime des violations de ses droits devrait porter plainte devant les autorités compétentes.
« (…) Tout d’abord nous ne sommes pas la seule société chinoise ici. Aussi, même si ces cas ont été vécus, pourquoi les victimes préfèrent parler à la presse que de porter plainte ? En ce qui nous concerne, nous appliquons la politique de tolérance zéro sur les cas de violations des droits humains. D’ailleurs, je peux vous surprendre en vous disant que nous avons, sur instructions du directeur d’exploitation, renvoyer plusieurs sujets chinois, auteurs de voies de faits sur les congolais », a déclaré ce responsable sous anonymat.
Depuis 2020, des carrières minières dans la province de l’Ituri sont envahies par des exploitants chinois, associés aux congolais dans les coopératives minières. Cette exploitation, en son début, avait donné lieu à plusieurs débats au sein de l’opinion publique. Entre défenseurs de l’environnement et ceux qui défendaient les droits des communautés autochtones ainsi que les associés de ces chinois, le débat était très vif. Mais « depuis que chacun sait comment en profiter, tout le monde s’est tu », déplorent les observateurs.
La Rédaction





