Tanzanie : plus de 700 morts dans les manifestations contre le régime

 

La Tanzanie s’enfonce dans une crise politique sans précédent après les élections générales du mercredi 29 octobre. Malgré un imposant dispositif sécuritaire, de violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays, notamment à Dar es-Salaam, la capitale économique, où des bureaux de vote ont été saccagés et un poste de police incendié. Selon Jeune Afrique, plus de 700 personnes sont mortes du 29 au 31 octobre, un bilan encore provisoire. Le gouvernement a prolongé le confinement décrété la veille, tandis que policiers et militaires continuent de patrouiller les rues.

Au cœur de cette tourmente, la Présidente Samia Suluhu Hassan tente de maintenir son autorité face à un climat de méfiance généralisé. Depuis son accession au pouvoir, elle fait face à des tensions internes au sein de l’armée et de son propre parti, le Chama Cha Mapinduzi (CCM). Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent certains soldats observant les manifestants sans intervenir, une scène perçue comme un signe de fracture au sein des forces de défense. Le chef d’état-major, Jacob Mkunda, a néanmoins qualifié les protestataires de « criminels » et assuré que « la situation est sous contrôle ».

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La presse locale, muselée par les autorités, est restée silencieuse depuis le début des violences. Internet, bloqué mercredi, a été partiellement rétabli 24 heures plus tard, permettant la diffusion de rares images des heurts. Les premières annonces de la commission électorale donnent Samia Suluhu Hassan largement en tête, tandis qu’à Zanzibar, le président sortant Hussein Mwinyi a été réélu avec plus de 74 % des voix. Dans le même temps, les partis d’opposition, dont le principal, Chadema, dénoncent une « mascarade électorale » et un climat de « terreur d’État ».


Selon la même source, les organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, alertent sur des « disparitions forcées » et des « exécutions extrajudiciaires » en marge du scrutin. Le chef du parti Chadema, Tundu Lissu, toujours emprisonné pour trahison, avait appelé au boycott des élections, tout comme d’autres figures de l’opposition empêchées de concourir. Alors que la Tanzanie reste paralysée par le couvre-feu et la peur, les regards se tournent vers la présidente Suluhu Hassan, confrontée à la plus grave épreuve de son mandat.

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PK

 

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