Le gynécologue congolais et Prix Nobel de la Paix 2018, Denis Mukwege, a exprimé sa profonde indignation face à la série d’exécutions sommaires perpétrées au Sud-Kivu contre les civils par l’AFC/M23. Dans un message sur ses plateformes numériques, il dénonce des actes qui rappellent les massacres répertoriés dans le Rapport Mapping des Nations Unies (1993-2003), document qui avait recensé de graves violations des droits humains dans l’Est de la RDC.
Selon Mukwege, plus de 22 personnes ont été exécutées à Irhambi-Katana, dans le territoire de Kabare, durant la nuit du 23 au 24 novembre. Ces victimes, principalement de jeunes hommes, avaient d’abord été arrêtées avant d’être abattues par des éléments du groupe armé M23/RDF.
Le Prix Nobel souligne également la multiplication de sévices imposés aux civils, hommes, femmes et enfants en plein jour par la rébellion.
« Certains succombent à leurs blessures », déplore-t-il, tout en dénonçant ce qu’il qualifie d’installation d’un nouveau royaume négrier en Afrique, dont Kigali tient les commandes.
Mukwege condamne en outre l’attaque du centre de santé de Chahoboka/Katana, survenue la même nuit. Attribuée au M23, elle a coûté la vie à un patient et à deux gardes-malades. Il rappelle qu’attaquer une structure médicale constitue une violation grave du droit international humanitaire et un crime de guerre, avant d’interpeler.
« Si le monde a décidé de garder le silence, l’Afrique, elle, ne doit pas rester indifférente », a-t-il déclaré.
Pour lui, la persistance de ces violences dans l’Est de la RDC depuis trois décennies exige une réaction urgente, collective et coordonnée.
JC Mbafumoja





