Embouteillages monstres, insécurité persistante, délabrement avancé des infrastructures routières, insalubrité accrue, carence en eau potable, disparités scolaires, délinquance juvénile, boom démographique incontrôlé, pénuries d’électricité et de logements, inondations récurrentes… Sous la gouvernance de Daniel Bumba, Kinshasa ressemble de plus en plus à une jungle urbaine. La ville s’enfonce chaque jour un peu plus.
Le gouverneur de la capitale apparaît, sans nul doute, essoufflé et dépassé par l’ampleur des défis. Il peine à prendre la pleine mesure de la situation et à proposer des solutions adaptées. Kinshasa traverse une période sombre qui restera, à coup sûr, gravée dans les annales de son histoire.
Les quelques actions entreprises çà et là, souvent sans vision globale ni coordination efficace, sont loin d’apporter les réponses attendues par une population à bout de souffle. Le gouverneur Bumba peine ainsi à transformer le slogan « Kinshasa ezo bonga » en une réalité durable, transmissible de génération en génération comme un véritable héritage urbain. L’enjeu était pourtant clair : marquer une rupture avec les pratiques du passé et créer la différence avec ses prédécesseurs.
À ce sujet, ceux qui ont connu « Kin la belle », jadis ville de référence en Afrique, mesurent aujourd’hui l’ampleur de la dégradation. Ce qui fut autrefois une capitale admirée ressemble désormais à une jungle, au sens propre comme au figuré.
La relance de services publics efficaces, capables d’apporter des solutions profondes et durables, s’impose comme une priorité absolue. Or, les différentes directions créées sous l’actuel gouvernorat ont rapidement montré leurs limites. Aucune évolution notable n’est perceptible. Pire encore, leur pertinence interroge, tant ces structures apparaissent budgétivores et peu productives.
La renaissance de Kinshasa passe avant tout par une gestion rigoureuse et responsable des fonds publics. Multiplier des services inutiles revient à encourager le gaspillage, au détriment de l’intérêt général, alors que la mission première d’un gouverneur est de servir sa juridiction et ses habitants.
Encore une fois, le drame kinois porte un nom : Daniel Bumba.
Nous y reviendrons.
Zamenga Odimbale





