Nord-Kivu : plus de 60 personnes tuées par les ADF à Beni et Lubero depuis janvier 2026, la société civile interpelle le Gouvernement

 

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans les territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu. Selon la coordination provinciale de la société civile, au moins 62 civils ont été tués depuis le début du mois de janvier 2026 lors d’attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Près de quatre-vingts (80) maisons et engins roulants auraient également été incendiés au cours de cette période.

Ces chiffres ont été rendus publics à l’issue d’une réunion tenue à Beni, le mardi 2 février 2026, réunissant des représentants de la société civile des villes de Beni, Butembo et Goma, ainsi que ceux des territoires de Beni, Lubero, Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et Walikale. À cette occasion, les forces vives ont dénoncé une aggravation continue de l’insécurité dans plusieurs zones de la province.

Dans une déclaration lue par John Banyene, coordonnateur provincial de la société civile du Nord-Kivu, il est fait état d’un bilan particulièrement lourd en l’espace d’un mois : plus de 60 civils tués, plus de 70 maisons incendiées et d’importants dégâts matériels.


« Depuis le début de l’année 2026, nous avons recensé plus de cinquante-deux personnes assassinées en territoire de Lubero et dix autres en territoire de Beni. Un poste de santé, vingt-trois motos, soixante-sept boutiques, dix maisons d’habitation ainsi que le barza du chef de localité ont été incendiés », a détaillé John Banyene.

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Face à cette situation, la société civile du Nord-Kivu interpelle le gouvernement central et formule une série de recommandations. Elle plaide notamment pour le renforcement des effectifs et des moyens logistiques des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), afin d’améliorer la protection des civils et l’efficacité des opérations sur le terrain. Les forces vives demandent également une réévaluation des opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF).

« Le Gouvernement central doit s’assumer comme un État souverain en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, en impliquant les élus et les acteurs de la société civile dans les processus de paix, en appliquant la loi sur la réserve armée de la défense et en améliorant la prise en charge des volontaires pour la défense de la patrie. Il est aussi indispensable d’évaluer les opérations conjointes FARDC-UPDF en vue de la traque définitive des ADF », souligne la déclaration.

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La coordination provinciale de la société civile alerte par ailleurs sur les conséquences humanitaires de ces attaques répétées, qui ont provoqué d’importants déplacements de populations dans les zones affectées. Les forces vives appellent à une assistance humanitaire urgente en faveur des familles déplacées, confrontées à une précarité croissante.

JC Mbafumoja

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