Mbuji-Mayi : les agents de la MIBA prêts à encaisser trois mois de salaire malgré l’opposition syndicale

 

À Mbuji-Mayi, la tension sociale autour de la MIBA semble amorcer un tournant. Après plusieurs mois de revendications salariales, les agents de la société minière s’apprêtent à percevoir trois mois d’arriérés, en dépit de la résistance affichée par leurs syndicats.

Selon des sources concordantes, une enveloppe de 3 millions de dollars américains a été versée sur le compte de la MIBA logé à la BGFI Bank. Ce paiement, effectué en deux tranches, jeudi soir et vendredi matin, correspond à trois mois de salaires pour les travailleurs de l’entreprise.

Une intervention exceptionnelle de l’État


Ce décaissement s’inscrit dans le cadre d’une « intervention économique » du gouvernement congolais, visant à atténuer les souffrances des agents confrontés à une longue période d’impayés. En difficulté de production de diamant, la MIBA peine en effet à assurer elle-même la rémunération de son personnel.

Cette démarche trouve son origine dans une décision prise en décembre 2021 par le président Félix Tshisekedi. Lors d’un déplacement officiel à Mbuji-Mayi, le Chef de l’État avait instruit le Trésor public de verser mensuellement un million de dollars à la MIBA, dans une logique d’apurement progressif de la dette de l’État congolais envers cette société dont il est l’actionnaire majoritaire. Cette dette est estimée à plus de 40 millions de dollars par certaines sources.

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Entre retards et colère sociale

Malgré quelques efforts initiaux, le mécanisme a connu d’importants retards ces derniers mois, en raison notamment des tensions de trésorerie de l’État. Résultat : huit mois d’arriérés de salaires se sont accumulés, plongeant les travailleurs dans une situation de précarité extrême.

Face à cette réalité, les agents ont multiplié les manifestations hebdomadaires pour exiger le paiement de l’intégralité de leurs dus. Les syndicats, de leur côté, ont maintenu une ligne dure, refusant tout paiement partiel tant que les huit mois ne seraient pas totalement apurés.

Les travailleurs privilégient l’urgence
Cependant, confrontés à la pression du quotidien, de nombreux agents semblent aujourd’hui privilégier une solution pragmatique. Malgré la position de leurs représentants syndicaux, ils se disent prêts à encaisser les trois mois disponibles, considérant cette somme comme un soulagement immédiat.

Le flou autour des 50 millions annoncés

Cette situation relance néanmoins les interrogations autour des 50 millions de dollars annoncés récemment par le Directeur général de la MIBA, André Kabanda.

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Lors d’une communication à Bonzola, ce dernier avait affirmé disposer de ces fonds, remerciant au passage le ministre des Finances, Doudou Fwamba, pour son implication.

À ce stade, aucune matérialisation concrète de cette annonce n’a encore été observée sur le terrain, laissant l’opinion publique dans l’attente de signaux forts quant à la relance effective des activités de la MIBA.

Un impératif : relancer la production

Au-delà de la question salariale, les analystes s’accordent à dire que la solution durable passe par la relance de la production diamantifère. Seule une MIBA opérationnelle et performante pourra garantir une prise en charge autonome et régulière de son personnel.

En attendant, ce paiement partiel, bien qu’insuffisant au regard des arriérés, apparaît comme une bouffée d’oxygène pour des milliers de familles durement éprouvées.

Jacob Séraphin Nkita

 

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