Depuis sa création en juillet 2015 à la suite du découpage territorial issu de la constitution de 2006, la province du Kwango vit avec un défi majeur qui continue de freiner son développement l’absence quasi totale d’électricité. Héritière de l’ancien district du Bandundu, cette province de près de 89 974 km2 peine encore à assurer un accès stable à l’énergie pour ses habitants.
Dans la capitale provinciale, Kenge, la vie quotidienne est fortement marquée par cette pénurie. À la tombée de la nuit, les rues restent plongées dans le noir, obligeant les habitants à se déplacer à l’aide de lampes torches ou de solutions artisanales d’éclairage. Les coupures et l’absence d’un réseau électrique fiable limitent aussi les activités économiques, éducatives et sanitaires.
Malgré les promesses répétées de projets d’électrification notamment celles évoquant la construction de barrages hydroélectriques annoncées en janvier 2026 la situation reste inchangée sur le terrain. Cette inertie nourrit un sentiment de frustration au sein de la population, déjà confrontée à d’autres difficultés comme le paludisme et la malnutrition.
Le Gouverneur du Kwango, Willy Bitwisila, a récemment exprimé lors de la 13e session des Gouverneurs à Bandundu, le besoin urgent d’électrification pour la ville de Kenge, le chef-lieu de la province. Ainsi, il a appelé à une implication directe du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour raccorder Kenge au réseau électrique du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, situé à environ cinquante kilomètres.
Actuellement, les habitants de Kenge se débrouillent avec des groupes électrogènes, souvent coûteux et limités en heures d’utilisation. En fait, ces groupes sont généralement alimentés de 18h à 23h, une situation rend difficile le fonctionnement normal des services et ralentit le développement local.
Dans plusieurs territoires comme Feshi, Kahemba, Popokabaka ou encore Kasongo-Lunda, les appels à l’action se multiplient. Pour les populations locales, l’accès à l’électricité n’est plus un luxe mais une nécessité vitale pour espérer un véritable développement économique et social.
Face à cette réalité, les attentes sont désormais tournées vers une implication plus forte des autorités nationales et une accélération des projets énergétiques. Le Kwango attend toujours de passer de l’obscurité à la lumière.
Emery Lucky Poya, depuis Kenge





