À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le dimanche 3 mai 2026, les journalistes et techniciens des médias d’Oïcha et de ses environs, territoire de Beni (Nord-Kivu) se sont réunis autour de plusieurs thématiques liées à leur métier. L’objectif était notamment de réfléchir sur le rôle du journaliste face au terrorisme et aux enjeux sécuritaires dans la région.
La séance s’est tenue dans la salle des réunions de la radio Moto Oïcha. Des professionnels des médias venus de Mbau, Eringeti et Oïcha ont pris part aux échanges, axés entre autres sur le journalisme face à la communication des organisations, l’opportunité de la femme dans les médias, ainsi que la responsabilité des journalistes dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme.
Une attention particulière a été accordée à la couverture médiatique des activités des rebelles de l’ADF. Les participants ont échangé sur les pratiques à adopter afin d’informer la population sans faire involontairement la propagande de ces groupes armés.
« Ne sommes-nous pas des porteurs du message des terroristes ? Ne sommes-nous pas un instrument de terreur à la population que nous voulons informer ? Voilà ce que nous, comme journalistes, devons penser avant la diffusion de nos informations. Comme engagement : quand il y a exaction, je dois choisir des termes pour ne pas divulguer cette terreur que le terroriste lui-même vise », a déclaré Mathe Mukosa Jean Vianney, journaliste venu de Mbau.
Même engagement du côté de Suzanne Kathavali, journaliste à la radio Ebeneza Oïcha, qui promet d’améliorer sa manière de traiter l’information dans un contexte de guerre.
« Ce qui m’a intéressée, c’est le thème : le journalisme face au terrorisme. Il a démontré comment nous journalistes, nous travaillons au compte des rebelles sans le savoir. Nous pensons informer la population mais, après analyse, nous constatons que parfois nous faisons la communication au compte des rebelles. Dès aujourd’hui, nous nous engageons à servir la population, plus jamais les rebelles », a-t-elle affirmé.
Au terme de la séance, les participants se sont engagés à travailler dans l’intérêt de la République et à sensibiliser d’autres professionnels des médias sur les bonnes pratiques journalistiques en contexte de conflit.
La Journée mondiale de la liberté de la presse vise à rappeler l’importance d’une information libre et indépendante. Elle lutte pour la liberté d’expression, défend le droit des journalistes à exercer leur métier sans pression ni menace, et rend hommage à ceux qui, parfois au péril de leur vie, œuvrent pour informer la population et renforcer la démocratie.
JC Mbafumoja





