Ituri – Flambée d’Ebola : MSF alerte sur les failles du dépistage et du suivi des contacts

 

Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme sur les difficultés persistantes de la riposte, particulièrement dans la province de l’Ituri où se concentre la quasi-totalité des cas recensés.

Selon MSF, la progression de la souche Bundibugyo du virus Ebola met en évidence plusieurs insuffisances dans la stratégie de lutte déployée sur le terrain.

L’organisation humanitaire estime notamment que le dépistage demeure un maillon faible de la réponse sanitaire, malgré les efforts entrepris pour renforcer les capacités de diagnostic.


« Personne ne connaît encore l’ampleur réelle de l’épidémie », a déclaré Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC. Elle souligne que plusieurs centres de traitement en Ituri sont actuellement sous forte pression, tandis que de nombreux malades arrivent dans les structures de santé à un stade avancé de la maladie, sans avoir été préalablement identifiés comme contacts à risque.

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L’organisation relève également que l’accès aux tests de dépistage reste limité dans certaines zones de santé, notamment celles affectées par l’insécurité. Bien que des laboratoires aient été renforcés et que des centaines de tests mobiles adaptés à la souche Bundibugyo aient été déployés dans l’Est du pays, les délais d’obtention des résultats demeurent importants dans plusieurs localités.

Pour MSF, cette situation complique l’identification rapide des cas et réduit les chances d’interrompre efficacement les chaînes de transmission. L’organisation plaide ainsi pour un élargissement de l’accès au dépistage et une amélioration du suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Les dernières données épidémiologiques publiées le 14 juin 2026 font état de 808 cas confirmés depuis l’apparition de l’épidémie le 15 mai dernier. Au total, 192 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 23,8 %.

Le rapport indique par ailleurs que 363 patients sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement, tandis que 48 personnes ont été déclarées guéries. Le taux global de suivi des contacts atteint 63,1 % dans les trois provinces touchées par l’épidémie.

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Alors que la maladie poursuit sa propagation, les acteurs sanitaires appellent à un renforcement rapide de la riposte afin d’éviter une aggravation de la situation dans les semaines à venir.

Emery Lucky Poya

 

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