Les autorités de la province de l’Ituri durcissent les mesures de lutte contre la maladie à virus Ebola. Le gouverneur militaire, le général-major Gaby Kasongo Mulumba Batoka, a signé un nouvel arrêté provincial renforçant les dispositions de riposte dans le cadre de la 17ᵉ épidémie qui touche la province.
Parmi les décisions les plus marquantes figure l’interdiction de manipuler une dépouille avant l’arrivée des équipes spécialisées d’enterrement digne et sécurisé. Les familles ne sont désormais plus autorisées à organiser les rites funéraires traditionnels avant l’intervention des équipes de riposte, une mesure destinée à réduire les risques de transmission du virus.
Le secteur des transports est également concerné. Les conducteurs de motos-taxis devront désormais porter une combinaison imperméable non médicale, un casque et un masque chirurgical, tout en disposant d’un désinfectant pour chaque passager. Une seule personne sera autorisée par moto et les sièges devront être recouverts d’un revêtement en cuir.
L’arrêté prévoit également des sanctions sévères contre le transport non autorisé des corps. Tout véhicule non médical surpris en train de transporter une dépouille sera saisi pour désinfection. Sa restitution sera soumise au paiement d’amendes pouvant atteindre 1 725 000 francs congolais pour une moto, 3 450 000 francs pour une voiture et 4 600 000 francs pour un camion. Les taxis et taxi-bus devront eux aussi adapter leurs conditions de transport. Les taxis ordinaires ne pourront embarquer plus de cinq personnes, conducteur compris, tandis que les taxi-bus seront limités à trois passagers par banc. Le lavage ou la désinfection des mains avant l’embarquement devient obligatoire.
Le texte réglemente également les rassemblements publics. Les cultes religieux, réunions et autres activités en espace fermé sont limités à cinquante participants par séance. Les manifestations organisées en plein air, y compris les rencontres sportives, devront respecter les mêmes mesures sanitaires.
Sur le plan sanitaire, toute structure médicale dépourvue d’un certificat officiel de Prévention et Contrôle des Infections s’expose à une fermeture. Par ailleurs, certains médicaments ne pourront plus être vendus sans prescription médicale délivrée par un médecin de l’État, afin de limiter les risques liés à l’automédication.
Les localités de Mongbwalu et Nia-Nia font désormais l’objet d’une surveillance sanitaire renforcée. Les contrôles aux frontières provinciales seront également intensifiés avec des prises systématiques de température, le lavage obligatoire des mains et le contrôle des voyageurs.
JC Mbafumoja





