Kwango : la société civile alerte sur la vétusté de la prison centrale de Feshi et plaide pour la construction d’un nouvel établissement

 

La société civile de Feshi, dans la province du Kwango, tire la sonnette d’alarme sur l’état de délabrement très avancé de la prison centrale de ce territoire.

Construite en 1954, cette maison carcérale est aujourd’hui confrontée à une dégradation généralisée de ses infrastructures, compromettant à la fois les conditions de détention des pensionnaires et la sécurité de l’établissement.

Selon les informations recueillies auprès de cette structure citoyenne, une grande partie de la toiture a été emportée, plusieurs murs présentent d’importantes fissures et les cellules sont fortement détériorées. Cette vétusté, combinée au manque d’entretien, expose les détenus à des conditions de vie jugées préoccupantes.


La situation est aggravée par l’absence de personnel soignant chargé de la prise en charge sanitaire des détenus ainsi que par les difficultés d’accès à l’alimentation. La société civile affirme également que la prison ne bénéficie plus de subventions de l’État depuis plus d’une année, ce qui complique davantage son fonctionnement.

Lire aussi  RDC : La réinsertion des ex-combattants au cœur des priorités gouvernementales

Cette fragilité des infrastructures a récemment favorisé une évasion. Dimanche dernier, six des onze détenus incarcérés se sont échappés après avoir forcé la porte de leur cellule, illustrant les failles sécuritaires de cet établissement devenu, selon les acteurs de la société civile, peu fiable.

Le président de la société civile de Feshi, Timothée Nzamba, appelle les autorités nationales et provinciales à agir en urgence, en privilégiant la construction d’une prison moderne répondant aux normes de sécurité et de respect des droits des détenus.

« Il faut la remise en état d’une grande partie de la toiture emportée par les pluies depuis 1970, le remplacement des plafonds et des pavements dans les cellules, ainsi que des murs qui veulent déjà céder. Les conditions d’incarcération ne sont pas bonnes. La prison n’a même pas une infirmière pour la prise en charge sanitaire des détenus. Elle n’est pas non plus subventionnée depuis quelques années », a déclaré Timothée Nzamba, président de la société civile.

Lire aussi  Journée Internationale du Travail : Le gouvernement central appelé à améliorer les conditions de vie des travailleurs à Demba

D’une capacité théorique de 150 détenus, la prison centrale de Feshi est située à 216 kilomètres de Kikwit et à 385 kilomètres de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango. Pour la société civile, sa réhabilitation ou son remplacement constitue désormais une priorité afin de garantir des conditions de détention conformes aux exigences sécuritaires et humanitaires.

Emery Lucky Poya

Lire aussi

Les plus populaires