Face à la recrudescence des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, Kinshasa hausse le ton. Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 18 juin et parvenu à Actu7.cd, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, alerte sur une situation qualifiée d’« extrêmement préoccupante » dans les territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il dénonce une intensification des exactions commises par l’armée rwandaise et ses alliés dans les zones sous occupation.
Le document gouvernemental pointe de « graves atteintes à l’intégrité du territoire national », où un « régime parallèle » serait imposé par les forces rwandaises. Kinshasa accuse Kigali de violer la souveraineté congolaise et de compromettre la stabilité régionale. Plus de 289 assassinats et exécutions sommaires, 102 viols, 270 cas de tortures corporelles, des disparitions massives et des milliers de recrutements forcés sont recensés entre le 9 et le 16 juin, selon les chiffres fournis.
Parmi les faits les plus alarmants, Kinshasa évoque la découverte de fosses communes et des cas de « transplantation forcée de populations rwandaises ». Le gouvernement affirme qu’un responsable rwandais a même été désigné comme « gouverneur » du Sud-Kivu, dirigeant une administration parallèle soutenue directement par Kigali. Une dérive que les autorités congolaises considèrent comme une « stratégie d’annexion déguisée ».
La dénonciation s’étend aussi à la sphère humanitaire. Le ministère de l’Intérieur accuse Kigali d’avoir placé un de ses ressortissants à la tête de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) dans les zones occupées. Une décision qui, selon Kinshasa, témoigne de « la volonté manifeste de Kigali d’imposer ses structures dans les territoires congolais », en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, de l’Acte constitutif de l’Union africaine et de la Convention de Genève de 1951.
Le gouvernement congolais critique vivement le « double discours » du Rwanda, qui « promeut officiellement la paix tout en poursuivant, en sous-main, un projet de domination territoriale ». Il dénonce notamment « le silence d’alarme sur la volonté manifeste de Kigali de se soustraire de l’Accord Tripartite RDC-HCR-Rwanda », qualifiant ce retrait de tentative de légitimation d’une occupation de fait.
Face à ce qu’il considère comme une « agression étrangère », Kinshasa appelle la communauté internationale à briser son silence. « Le silence de la communauté internationale sur ces exactions devient de plus en plus pesant », martèle le communiqué, qui demande expressément « la suspension de toute forme de collaboration et des structures mises en place par l’occupation rwandaise, y compris les mécanismes de la réunion tripartite ».
Enfin, le gouvernement affirme avoir lancé un dispositif judiciaire pour documenter ces violations et poursuivre les auteurs. Il assure également que « des structures étatiques prendront en charge les personnes affectées par ces crimes odieux », réitérant son engagement à faire respecter la souveraineté nationale et à protéger les populations victimes.
PK





