Ils sont apparus il y a quelques années dans l’espace du Grand Bandundu. Au départ, ce sont des informations contradictoires faisant état d’un conflit ethnique Teke-Yaka qui occupaient la une des médias, un conflit sanglant, ancien, presque historique.
Du nouveau, pourtant, pour des analystes outillés, peu enclins à croire à une simple pièce théâtrale montée pour masquer un mal profond. Le temps est le meilleur allié des héros. Les jours ont passé. Ce qui avait été présenté comme un fait banal a fini par se propager jusqu’à atteindre Kinshasa. Le vocabulaire a changé : insécurité dans la partie Est de la capitale. La commune de Maluku compte ses morts, comme dans plusieurs coins du Maï-Ndombe, du Kwango ou du Kwilu.
Là où le flou persiste, c’est dans l’incapacité à comprendre pourquoi, plus de quatre ans après, la paix n’est toujours pas rétablie alors que, dans les faits, l’armée congolaise, donc l’État se trouve face à des criminels pourtant faciles à neutraliser.
La sécurité n’est toujours pas restaurée à Kana, Kwamouth, Bagata et Maluku, où les Mobondo continuent d’imposer leur loi, semant mort et désolation sous le regard impuissant de l’autorité publique.
Comment expliquer, en outre, que les communautés Teke et Yaka qui y vivent soient réduites à l’état de populations abandonnées, ne sachant plus à quel saint se vouer pour espérer une protection pourtant garantie par la Constitution ?
Il y a lieu de s’interroger sérieusement : l’État congolais est-il simplement défaillant dans l’exercice de sa mission régalienne de protection des personnes et de leurs biens, ou devons-nous admettre qu’il est tout bonnement absent dans ces zones ? Car il existe une différence entre un État en difficulté et un État qui, pour une partie de ses citoyens, ne semble exister qu’en théorie.
Pendant que les institutions, depuis Kinshasa, assurent que la sécurité nationale est maîtrisée, les Congolais de Kana, Bagata, Kwamouth et de plusieurs autres territoires voisins vivent chaque jour dans la peur, l’incertitude et une insécurité permanente. Les familles y survivent dans un climat où l’homicide, le déplacement forcé et l’arbitraire ne sont plus des événements exceptionnels, mais des réalités quotidiennes.
Si, à Kana comme à Bagata, à Kwamouth comme à Kinshasa, le Congolais n’est plus certain de rentrer vivant chez lui ou de se réveiller le matin, il y a lieu de se demander : pourquoi en est-on arrivé là ?
Zamenga Odimbale





